[Critique] – « Le Labyrinthe du Silence », quand le passé refait surface…

LE LABYRINTHE DU SILENCE PHOTO2

Le cinéma allemand nous a souvent offert de films considérés maintenant comme cultes : La traque d’un tueur d’enfant dans « M Le Maudit« , le frénétique et novateur « Cours, Lola, Cours » de Tom Tykwer, la renversante prise de conscience « La Vague« , ou bien l’Oscarisé et remarquable « La vie des autres« . Le réalisateur Giulio Ricciarelli vient de sortir un film destiné à entrer dans cette catégorie : « Le Labyrinthe du Silence« . Dans une Allemagne qui a préféré oublié les traumatismes de la Seconde Guerre Mondiale et l’ère Nazi, un jeune procureur va se retrouver confronté au douloureux passé de son pays, en menant l’enquête originaire du « Procès de Francfort », aussi appelé « Second Procès d’Auschwitz ».

La fiction nous permet de s’évader ou de rêver mais elle peut aussi nous faire prendre conscience d’un sinistre passé pour éviter de refaire les mêmes erreurs qu’autrefois ou pour tout simplement changer les choses. Par exemple, je vous conseille le brûlot contestataire de Peter Watkins, « Punishment Park » (1971), qui met cette fiction à son paroxysme en mêlant une histoire fictive, mais réaliste dans son contexte, grâce à une mise-en-scène documentariste. Toutefois, « Le Labyrinthe du Silence » nous prouve qu’une mise-en-scène académique peut nous raconter une fiction réaliste des plus passionnante.

Ricciarelli nous plonge explicitement dans cette histoire, par l’attachement aux nombreux personnages constituant cette histoire  mais surtout la découverte d’un aspect de l’Allemagne rarement vu à l’écran aujourd’hui : Celle de l’Allemagne d’après-guerre préférant oublier son passé afin d’aller de l’avant. On voit donc resurgir, en même temps que le personnage principal, un passé que nous connaissions déjà mais qui resurgit avec une douleur universelle évitant, avec justesse, de tomber dans un pathos des plus bas. Pour raconter cette histoire importante, le film opte pour une réalisation des plus classiques, afin de privilégier l’écriture ainsi que l’émotion face à de telles atrocités et, contrairement à de nombreux films sortis cette année, cela marche redoutablement. Le film ne tombe jamais dans le pathos, excepté à une scène assez lourde conséquente à un « twist », et nous émeut par sa manière digne et sobre de faire resurgir l’obscurité pour mieux nous le faire imaginer.

Le film n’est pas dénué de défauts, comme toute fiction, notamment avec certains traits de l’histoire traitée avec lourdeur et superficialité, comme une romance entre le personnage principal et la fille d’un ancien soldat allemand, mais ces défauts ne sont que superficiels face à la passion avec laquelle nous suivons cette histoire. « Le Labyrinthe du Silence » est un thriller passionnant, au style des plus classiques, méritant d’être vu par un large public afin de prendre conscience des erreurs du passés pour ne plus les reproduire. Un film sans-prétention si ce n’est celle de faire réfléchir en racontant une histoire.

Victor Van De Kadsye

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