[Critique] – La Tête Haute, une poignante ouverture cannoise

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Chaque année, la tradition des cinéphiles s’opère avec la magie du Festival de Cannes. Et l’année 2015 n’échappe pas à la règle en nous proposant un Festival mêlant tradition et novation. La tradition avec les habitués du Festival au sein de la Compétition tels que Gaspar Noé, Jia Zhang-Ke ou MaÏwenn et la novation par ses deux Présidents du Jury, avec les frères les plus cools du cinéma américain (Joel et Etan Coen) et la portée féministe de cette édition, en rendant hommage aux actrices et réalisatrices du monde entier (et plus précisément Ingrid Bergman), ainsi qu’en ouvrant ce Festival avec le long-métrage d’une réalisatrice française : Emmanuelle Bercot et sa poignante chronique intitulée La Tête Haute.

Dans la ville portuaire de Dunkerque, un jeune délinquant nommé Mallory, élevé par une mère lassée, et protégé par une juge des mineurs, va apprendre à s’intégrer dans la société bien que tiraillé par ses problèmes de violences et son manque d’éducation.

Le Festival s’ouvre de manière forte, puisque « La Tête Haute » est un véritable électrochoc dans le cinéma français. Rappelant le cinéma social des frères Dardennes ou de Ken Loach, par son environnement, les thèmes sociaux qu’il traite et le naturel des personnages, Emmanuelle Bercot nous signe un film coup de poing mais porteur d’espoir, évitant le retour de la « Mommy » en ne reprenant pas les mêmes éléments narratifs du film de Xavier Dolan et montrant la vie dans tout ce qu’elle a de plus cru, grâce aux jeux d’acteurs remarquables de Sara Forestier, Benoît Magimel et Catherine Deneuve, ainsi que la véritable révélation du film : Rod Paranot. Bercot filme ses personnages de manière si proche et sans réelle intention esthétique derrière qu’un « effet de réel » se dégage de l’écran.

Un « effet » de réel car nous restons dans le cadre de la fiction et cela se ressent dans son scénario, rempli d’événements bien amenés, mais dont certains restent prévisibles. Prévisibles mais pas tant que cela puisque tel Mallory, nous, spectateurs, restions dans une période d’insouciance nous faisant oublier, pendant de longs moments, les conséquences, envisageables sur le moment des actes commis par Mallory. Une impression de pure réalité qui s’évapore aussi dans l’écriture des personnages, Sara Forestier, complètement métamorphosé, interprète de manière formidable la mère négligente du jeune protagoniste, mais plus le film avance et plus le personnage tombe dans la caricature de ce type de personnage.

Mais ces quelques défauts ne m’empêcheront pas de vous recommander La Tête Haute, un drame poignant et optimiste sur l’insertion en société qui nous donne envie de danser sur Die Antwoord, qui nous rappelle que le cinéma français a encore des choses à dire, qui est mené par de formidables acteurs et qui ouvre ce Festival de Cannes de la plus belle des manières.

Victor Van De Kadsye

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