La Palme d’Or des Chroniqueurs

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C’est avec tristesse que cette 68ème édition du Festival de Cannes s’achève ce soir. La Cérémonie de Clôture permettra au jury de récompenser Paolo Sorrentino, Nanni Moretti, Maïwenn ou bien Lazlo Nemes en remettant la fameuse Palme D’Or. L’occasion pour l’équipe des Brouillons de vous parler de leur Palme d’Or favorite.

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Victor Van De Kadsye : Pulp Fiction de Quentin Tarantino

L’un des films qui a fait grandir mon amour pour le cinéma. Pour sa manière de découdre une structure classique de la narration, pour sa manière de styliser la violence, pour sa manière d’iconiser des anti-héros à travers des dialogues et des situations cultes, et pour sa bande-originale cultissime, voilà pourquoi Pulp Fiction est ma Palme d’Or favorite.


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Mélina D’Amico : Conversations secrètes de Francis Ford Coppola

Nous sommes en 1974, après avoir secoué le monde avec l’immense Parrain, Francis Ford Coppola nous offre ensuite une oeuvre d’une élégance peu commune : Conversation Secrète.

Les premières notes de David Shire commence à peine à se dévoiler que la mélancolie musicale du film nous submerge…

Gene Hackman, dans le rôle principal, nous livre une prestation intériorisée et nuancée où il interprète un professionnel qui se charge, par contrat, de mettre sur écoute des cibles bien déterminées. Bien qu’il prenne son travail très à coeur ce dernier à tendance à s’immiscer dans vie personnelle ; développant une paranoïa considérable dans la protection de son intimité. A ses côtés, nous pouvons également noté la présence au casting du magnifique John Cazal, partit bien trop prématurément ou encore du très jeune Harrison Ford.

Solitaire et névrosé, nous suivons cet anti-héros dans une impasse dont il se retrouvera prisonnier. Lorsqu’il écoute les bandes d’une commande de clients considérablement importants, il se rend compte qu’il participe, malgré lui, à la mise en place d’un meurtre.

Se repassant ses enregistrements encore et encore, toujours de manière de plus en plus obsessionnelle, le personnage nous entraîne dans sa recherche de vérité malheureusement aveuglée par la subjectivité de son geste. Nous ne pouvons ignorer les ressemblances avec le grand Blow-Up de Michelangelo Antonioni où l’analyse, la décortication de l’image est remplacée, ici, par celle du son. Dans les jeux d’obscurités et de silences que nous peint le réalisateur, nous ne pouvons qu’être captivés à chaque seconde du récit brillamment mise en scène. Nous pouvons d’ailleurs très clairement en voir la beauté dans une des scènes qui nous laisse entrer dans le lieu de travail de Harry, le personnage joué par Hackman, situé dans un grand parking, la cage qui sert de laboratoire à ce dernier symbolise bien l’enfermement malsain qu’il s’impose à lui-même.

En dépit du fait que ce film gagnera la Palme d’or à la vingt-septième édition du Festival de Cannes, il reste malheureusement méconnu du grand public malgré les nombreuses qualités qu’il comporte.


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Zoran Paquot : La Chambre du Fils de Nanni Morreti

Je suis loin d’avoir vu l’ensemble des Palmes d’Or, certaines importantes, comme Apocalypse Now, manquent à mon actif. Cependant, la Palme qui me reste à l’esprit est La Chambre du Fils, de Nanni Moretti, en compétition cette année avec Mia Madre. Cette oeuvre m’a juste bouleversé. Ce récit, sur la culpabilité d’un homme, ne laisse pas indifférent. Filmé avec tant de justesse, en ne virant dans aucun pathos, et n’étant en rien tire-larmes, ce chef-d’oeuvre est ma Palme favorite, même si Blow-Up de Michelangelo Antonioni, m’a également énormément plu, le réalisateur italien ayant réussi à intégrer une tension progressive dans son film.


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Stéphane Visse : Barton Fink de Joel & Ethan Coen

Barton Fink est ma palme d’or favorite, et il est également un film important dans ma vie de cinéphile car c’est le premier film des frères Coen que j’ai vu. Film hybride entre le thriller, la comédie dramatique et le fantastique, cette histoire d’un auteur de théâtre travaillant pour Hollywood est encore aujourd’hui parfaitement en rapport avec notre industrie cinématographique actuelle. Un film majeur, un chef d’oeuvre symbolique et philosophique comme seuls les Coen savent le faire.


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Sonia Ouali : « Elephant » de Gus Van Sant

Elephant de Gus van Sant a reçu la Palme d’Or en 2003. C’est bien mérité à mon goût, au même titre que The Tree of Life des années plus tard. Elephant est un film dont la temporalité altérée nous rapporte toujours à l’instinct premier, la chasse. Nous suivons les personnages fantômes dans les couloirs, on leur pose une cible sur le dos et nous marchons. Un très beau moyen, en plus de revoir Columbine en pleine boucherie, de traiter froidement mais non sans beauté, les quêtes perdues.


Et vous ? Quelle est votre Palme d’Or favorite ou, au contraire, celle que vous détestez le plus ? N’hésitez pas à à vous exprimer dans les commentaires.

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