[Critique] « Un Français » : Under the Skin

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Après avoir fait parler de lui en raison de sa polémique, le long-métrage Un Français est sorti sur nos écrans depuis mercredi dernier et nous livre un portrait poignant d’un homme en quête de rédemption avec, comme contexte, un sujet si peu traité dans le cinéma français : L’extrême-droite.

Avec ses copains Marco cogne les Arabes et colle les affiches de l’extrême droite. Un jour la haine l’abandonne, il va tenter de devenir quelqu’un de bien.

Sur le papier, le film s’annonçait aussi intéressant que casse gueule. Le sujet était rarement vu en France mais à l’internationale, tant de films sont passés par ce sujet et l’impression d’avoir fait le tour du sujet se faisait craindre (Je vous recommande absolument American History X de Tony Kaye ainsi que le magnifique This is England de Shane Meadows). Pourtant, Diastème réussit à signer une oeuvre singulière en nous immergeant pendant trente ans dans le quotidien de Marco, jeune néo-nazi qui va mener sa quête pour la rédemption, quitte à tout laisser derrière lui.

Un Français n’est pas seulement un pamphlet contre l’extrême-droite. D’ailleurs, le film laisse le spectateur juger
à sa place , le naturalisme mis-en-place par Diastème permet en aucun cas d’appuyer des jugements. Le long-métrage est avant tout un portrait fort, et non-manichéen, d’un homme se questionnant sur son identité et ses actions. Filmé à la steady-cam, en pleine immersion, les scènes violentes s’accumulent au début pour laisser place, ensuite, à un registre plus intimiste proche du cinéma de Philippe Lioret (co-producteur du film) où nous suivons, pendant trente ans d’événements dans la société français tels que Touche pas à mon pote, France/Brésil en 98 ou bien la Manif pour Tous, le combat de Marc pour laisser sa colère derrière lui.

Si on peut regretter un léger manque de nuances et un excès de pathos dans l’écriture, ainsi qu’un jeu d’acteur assez irrégulier chez certains personnages, Un Français est un choc, méritant d’être vu pour rappeler les dangers de l’extrême-droite mais surtout pour cette chronique s’étalant sur trente ans de la vie d’un homme en conflit avec son passé, interprété par un impressionnant Alban Lenoir. Si vous avez une salle diffusant le film près de chez vous, allez-y !

Victor Van De Kadsye

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