[Critique] – « Love And Mercy », I Love Rock’n’roll

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Qui ne connait pas les Beach Boys ? Ce groupe de rock américain ayant connu un immense succès dans les années 1960 et 1970, composé de 6 garçons faisant craquer les filles. Des Beach Boys, on garde tous en tête d’immenses tubes comme « I get around », « Surfin USA » ou encore « Good Vibrations ». On connait un peu moins l’histoire de ses membres, et celle de Brian Wilson, mais Bill Pohlad a décidé de s’y intéresser. Car oui, il ne faut pas aborder Love and Mercy comme un film retraçant l’histoire des Beach Boys mais comme un biopic pur de Brian Wilson, interprète et auteur des chansons les plus connues du groupe.

Love and Mercy se divise en deux parties : la jeunesse de Brian Wilson (alors interprété par Paul Dano) qui ne cesse de nous être présentée sous forme de flash-backs, et sa vie post Beach Boys, où Brian Wilson (cette fois ci interprété par John Cusack) se voit être manipulé et vit un cauchemar les yeux ouverts. Le schéma temporel/narratif de Love and Mercy est très intéressant car le réalisateur ne nous sert pas une simple chronologie, mais, au contraire, ne cesse de naviguer dans les différentes époques.

Bien que la réalisation soit simple, Bill Pohlad ne se contente que de filmer, sans aucun parti pris esthétique, hormis les vieillissements d’images pour coller aux années 70. Là où il aurait pu s’approprier le biopic et en faire une histoire passionnante, le sujet étant peu connu et fort intéressant, il n’en ressort qu’une simple narration de faits. Mais le long-métrage n’en reste pas moins agréable à regarder, avec de belles séquences, comme celles aquatiques. Love and Mercy bénéficie d’un véritable travail sur les décors, le réalisateur ayant reconstitué les différents lieux qui ont fait la vie de Brian Wilson. Après, comme dans bon nombre de biopics, impossible d’échapper à tout cet arsenal de maquillage, ayant pour objectif d’embellir les personnages, mais faisant ressortir une certaine fausseté, un manque de naturel.

Mais si Love and Mercy sort du lot, c’est grâce à son casting 4 étoiles, voire 5 étoiles. Deux interprètes pour un personnage, voilà un pari osé, car en cela réside la possibilité qu’un surpasse l’autre, mais il n’en est rien. Paul Dano et John Cusack se valent et sortent leur épingle du jeu, chacun à leur manière, participant tous deux à des séquences émotionnellement fortes, où la direction d’acteur et le jeu est à l’honneur. Mais les deux diffèrent tout de même : John Cusack propose un jeu sur la durée, alors que Paul Dano se révèle dans des séquences bien précises.Il ne faut pas faire d’impasse sur les seconds rôles. Elizabeth Banks est excellente. Même si, de prime abord, elle peut apparaître comme l’actrice potiche blonde pas très intelligente, elle dévoile un jeu édifiant, variant entre diverses émotions, tout en sachant que son rôle n’est en rien facile. En effet, Elizabeth Banks interprète Melinda LedBetter, femme qui aidera Brian Wilson à sortir des griffes de son médecin, interprété par Paul Giamatti, lors de sa descente aux enfers, après avoir été au sommet avec les Beach Boys. D’ailleurs, Paul Giamatti complète le casting principal avec brio. Mais il ne faut pas trop en dire sur son personnage et sur sa relation avec Brian Wilson, car c’est en cela que réside la force des séquences avec John Cusack comme interprète. (même si toute l’histoire est trouvable sur internet, le film étant un biopic.)

Mais Paul Giamatti est aussi confronté, à plusieurs reprises, à Elizabeth Banks, et on retiendra toute cette séquence d’insultes chez le concessionnaire auto, preuve de la faiblesse du médecin, et de sa manipulation qui ne porte ses fruits qu’envers Brian Wilson.

On pourrait regretter que le réalisateur laisse de côté les relations familiales de Brian Wilson. Lors des flash-back avec Paul Dano, Bill Pohlad n’aborde que superficiellement ses relations avec ses frères (Denis ou Carl) ou son cousin (Mike Love), alors que ces dernières ont été d’une importance majeure dans l’histoire des Beach Boys, mais également dans la vie de Brian Wilson. Toutefois, la relation que Brian entretient avec son père est très justement instaurée, une relation compliquée, très souvent tendue, où les intentions de chacun sont flous, même si l’on se doute que l’argent, le profit et la quête du succès régissent les pensées et les choix du père, notamment lorsque ce dernier fait le choix de vendre les droits des chansons des Beach Boys.

La fresque familiale dans « Love and Mercy » n’est donc qu’une ébauche et s’avère être inachevée, mais pour couvrir une vie, le réalisateur a du faire des choix, et ses intentions sont dignement représentées dans le film.

Zoran Paquot

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