« LOVE », une introspection sulfureuse décevante.

ob_5bd699_11201124-1631765970392616-309721372245 Un film de Gaspar Noé, c’est comme une nouvelle coupe du monde : On l’attend durant de nombreuses années pour ensuite être excité par l’ampleur médiatique que cet événement provoque à chaque fois, au Festival de Cannes ici. La réputation sulfureuse et controversée d’Irréversible, la prouesse technique du trip Enter the Void et maintenant, l’érotisme en 3D avec son projet tant attendu : « Love« . Malheureusement, être sulfureux ne suffit pas à rendre appréciable un film et le nouveau long-métrage de Noé confirme cette idée.

Un 1er janvier au matin, le téléphone sonne. Murphy, 25 ans, se réveille entouré de sa jeune femme et de son enfant de deux ans. Il écoute son répondeur. Sur le message, la mère d’Electra lui demande, très inquiète, s’il n’a pas eu de nouvelle de sa fille disparue depuis longtemps. Elle craint qu’il lui soit arrivé un accident grave.  Au cours d’une longue journée pluvieuse, Murphy va se retrouver seul dans son appartement à se remémorer sa plus grande histoire d’amour, deux ans avec Electra. Une passion contenant toutes sortes de promesses, de jeux, d’excès et d’erreurs…
Sous la houlette de Gaspar Noé et du chef-opérateur Benoît Debie, nous suivons donc cette introspection destructrice d’un homme rongé par un amour perdu. Une introspection qui aurait pu être déchirante si elle ne nous était pas raconté avec des personnages aussi antipathiques et mal joués. Les dérangeants personnages des précédents films de Noé étaient crédibles et humains par la spontanéité et la justesse de leurs acteurs, ici, le couple principal du film ne parait ni crédible, ni spontané, par la fadeur des interprétations et des dialogues.

Mais par sa tendresse dans la manière de les filmer, on ressent, toutefois, l’amour que porte Gaspar Noé à ses personnages, ainsi qu’à lui-même. Le réalisateur n’hésitant pas à s’auto-citer, avec par exemple le Love-Hotel d’Enter the Void ou en exprimant son amour célèbre pour des films cultes tels que « 2001 : L’Odyssée de l’espace » ou « Salo » de Pasolini, sans pour autant tomber dans une certaine prétention. Il est donc dommage de voir ses personnages aimés se perdre dans une histoire convenue et déjà-vue à mainte reprises.

Le film explore différentes zones de l’exploration sexuelle en filmant le sexe tel qu’il est sans complaisance et voyeurisme, malgré une légère part de provocation avec son éjaculation faciale en relief (soyez prévenus), Noé nous offre des scènes érotiques d’une incroyable beauté où les corps sont en parfaite harmonie avec la passion qu’éprouvent les deux personnages.

Le film le plus sage du réalisateur se révèle être aussi le plus décevant, faute à ses travers scénaristiques et l’ennui qu’il provoque, mais reste, néanmoins, une expérience mémorable pour la beauté de ses images qu’il serait impossible de déconseiller.

Victor Van De Kadsye

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