[Critique] – « Straight Outta Compton » : Biopic With Attitudes

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Après un an d’attente, l’adaptation en biopic du groupe le plus dangereux du monde est enfin dans les salles, et quel film. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce film retrace la carrière de N.W.A , groupe de Gangsta Rap venant de Compton, une des banlieues les plus dangereuses de Los Angeles, véritable zone de guerre dans les années 80-90. Le groupe est composé d’Ice Cube, Dr Dre, Eazy E, DJ Yella, Mc Ren et Arabian Prince, et c’est en 1988 que le groupe lâchera l’album Straight Outta Compton, album devenu culte et représentant toute la haine contenue dans les habitants du quartier. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de l’album, mais bien du film. On suit leurs carrières, de la création du groupe à sa séparation, avant de poursuivre sur les carrières solos de Dre, Cube et E.

Commençons d’abord par aborder la réalisation ; contrairement à The Program, ici le réalisateur F. Gary Gray fait preuve d’inventivité dans sa mise en scène. Plan iconique du crew, mise en scène en constant mouvement empêchant l’ennui, le montage de certaines scènes comme celle où Ice Cube interprète No Vaseline avec en montage alterné Eazy E et les autres qui l’écoutent est dynamique et hilarante. La photographie par ailleurs est intéressante puisque le début dans Compton est assez épais, voir sombre, pour bien représenter le côté zone de guerre de Compton, pour ensuite passer dans la lumière lorsque le groupe arrive à gagner en popularité et rencontre le succès. Pour ce qui est de l’interprétation, mention spéciale à O’Shea Jackson Junior, qui interprète son père Ice Cube avec brio. En effet, véritable portrait craché de son père, que ce soit pour le physique, le comportement, la voix et même les mimiques, il livre une excellente interprétation. Pour le reste des acteurs, ils ressemblent tous au groupe, et arrivent à donner du cœur et de l’énergie à leurs rôles. Notamment avec le personnage d’Eazy qui arrive à nous faire lâcher une petite larme lors du final du film. La bande son est excellente, mais c’est surtout les concerts live (très bien mis en scène) qui provoquent de véritable frisson, et donnent l’impression d’entendre les morceaux pour la première fois.

Et pourtant, certaines critiques pointent du doigt le côté édulcoré du film, qui glorifie les personnages et qui ne montre pas les côtés les plus sombres. Et si le but du film n’était pas cela ? Ce que Straight Outta Compton veut raconter, ce n’est pas les histoires de querelles et ennuis d’un groupe, mais l’histoire d’une bande de potes qui veut sortir du ghetto, crier leur colère contre le système, et devenir quelqu’un pour eux même, et pour leurs famille. Et tous les grands moments de leurs vies sont là, les débuts d’Eazy avec Boys N the Hood, la sortie de l’album, la lettre du FBI, les embrouilles à cause de l’argent. L’essentiel est présent et parle aussi bien aux fans du groupe, qu’aux novices du genre, et pousse justement à s’intéresser encore plus au groupe après la sortie. De plus, le film traite tous les grands problèmes des Etats Unis de l’époque vis-à-vis du racisme et des banlieues, notamment avec l’affaire de Rodney King, et le traitement de la police envers le groupe lorsque ces derniers enregistrent l’album Straight Outta Compton. Beaucoup de choses sont romancées, certaines oubliées, d’autres sont exagérées, mais comment bouder son plaisir devant un film qui nous fais sortir avec un grand sourire et l’envie de ré écouter encore et encore ces Niggaz Wit Attitudes.

Damn, that shit was dope !

Stéphane Visse

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