[Critique] – Maïwenn, la nouvelle reine du cinéma français avec « Mon Roi »

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En 2011, un nouveau souffle arriva dans le cinéma français : Prix du Jury au Festival de Cannes, la vie quotidienne de la Brigade des Mineurs, « Polisse » a bouleversé Robert de Niro, la critique ainsi que le public français. Maïwenn est donc en pleine consécration. Quatre ans après, la jeune réalisatrice nous bouleverse une nouvelle fois en nous racontant une histoire d’amour folle et manipulatrice, portée par de sublimes acteurs : « Mon Roi ».

Tony est admise dans un centre de rééducation après une grave chute de ski. Dépendante du personnel médical et des antidouleurs, elle prend le temps de se remémorer l’histoire tumultueuse qu’elle a vécue avec Georgio. Pourquoi se sont-ils aimés ? Qui est réellement l’homme qu’elle a adoré? Comment a-t-elle pu se soumettre à cette passion étouffante et destructrice ? Pour Tony c’est une difficile reconstruction qui commence désormais, un travail corporel qui lui permettra peut-être de définitivement se libérer …

Inutile de le cacher, ce n’est pas ce que raconte « Mon Roi » qui en fait sa réelle grandeur. Cette poignante histoire d’amour a été vue et revue maintes fois dans toute fiction mais ce qui permet à cette histoire de briller, c’est par l’efficacité de sa simplicité. Construit en flash-backs, l’évolution de Tony s’avèra simpliste mais est traitée avec intelligence.

Là où une succession de clichés du cinéma français aurait pu être lâché à l’écran, Maïwenn contrebalance une fois de plus ces idées pré-conçues en proposant une réalisation simple, sans réelle esthétique particulière si ce n’est « l’esthétique du réel », s’éloignant cependant de l’aspect documentaliste de « Polisse« .

Le film préfère se concentrer sur son écriture, avec cette histoire d’amour tumultueuse entre le personnage de Tony, interprété par une époustouflante Emmanuelle Bercot, et le charismatique Georgio, joué par un Vincent Cassel aussi chargé qu’une pile électrique. Le film nous touche et nous attache, à renforts de dialogues crus et de scènes fortes, notamment dans sa fin. En prenant le parti-pris de raconter l’histoire du point de vue de Tony, le spectateur est pris au même piège que tend, volontairement ou pas, le personnage de Vincent Cassel à celui d’Emmanuelle Bercot. La séduction, la colère, l’amour, le doute, tout y passe. Maïwenn plonge son héroïne et ses spectateurs dans un engrenage infernal, pris entre tristesse et rire.

Mais en plus d’être une véritable histoire d’amour, « Mon Roi » se paye le luxe d’être un véritable film d’acteur. On pense immédiatement au couple Emmanuelle Bercot/Vincent Cassel mais il ne faut pas oublier le rôle tenu par Louis Garrel, extrêmement drôle dans le rôle de ce frère déconneur et protecteur. Comme dans « Polisse », Maïwenn sait diriger ses acteurs tout en leur accordant le plus de liberté possible.

Avec ce quatrième long-métrage, Maïwenn réussi à réconcilier le cinéma d’auteur français et le cinéma populaire en nous offrant une véritable leçon d’écriture. Une narration simpliste servant une romance puissante.

Victor Van De Kadsye

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