[Critique] La consécration ultime de Denis Villeneuve grâce à « Sicario »

Depuis « Incendies« , il accumule les succès critiques et publics avec les sombres labyrinthes « Prisoners » et « Enemy« .  Cette année, Denis Villeneuve revient derrière la caméra pour nous signer l’un des meilleurs films de cette année : « Sicario« .

Le réalisateur canadien renoue avec l’une de ses idées préférées, celle d’enfermer son personnage principal et son spectateur dans un véritable enfer labyrinthique.  La recherche de deux petites filles menant à de sinistres issues dans « Prisoners« , la quête d’identité d’un homme infidèle dans un Toronto anxiogène avec « Enemy« , « Sicario » quant à lui plonge son héroïne dans l’enfer des cartels mexicains en coopérant dans une mission où la loi et la morale sont perdues de vues.

Une histoire classique en soi : Des cartels, une confusion totale dans l’ordre et la morale, un personnage principal rempli de désillusions et des personnages secondaires énigmatiques. Mais ce qui rend le film de Villeneuve si unique, si passionnant, c’est le travail apporté sur son ambiance et sa mise-en-scène. Brutal et sans concession, le film nous instaure une atmosphère extrêmement tendue où tout peut arriver. Appuyé par une musique angoissante dès l’ouverte, rares sont les moments d’apaisements, le film nous donne cette impression à la fois géniale terrifiante d’avoir une arme braquée sur notre tempe durant deux heures, notamment lors d’une séquence mémorable d’une balade en voiture dans les rues de Jùarez.

Mais il serait injuste de n’évoquer que la tension pour parler de « Sicario« , sa mise-en-scène contribue aussi à la force du film. Avec l’aide de la photographie de Roger Deakins, Denis Villeneuve apporte une mise-en-scène froide, composée essentiellement de plans-fixes. La froideur de ces séquences, accompagnés de séquences haletantes, contribue au sinistre réalisme de cette histoire. Un traitement familier dans l’oeuvre de Villeneuve, on pense d’ailleurs à « Prisoners » dans ce traitement , par exemple, et ses séquence de torture sur Paul Dano.

Mené par un trio bluffant composé d’Emily Blunt, parfaite en femme forte mais brisée par ses actions, Josh Brolin et de Benicio Del Toro, le film nous offre une galerie de personnages fascinants et ambiguës, appuyant une critique complexe sur le combat contre le trafic de drogue. Faut-il être prêt à tout pour parvenir à nos fins ? Peut-on maintenir une certaine éthique pour maintenir l’ordre ?

« Sicario » est donc une claque sur touts les points. Son atmosphère lourde et pesante ne nous laisse pas indemne. Denis Villeneuve n’a dorénavant plus besoin de confirmer son talent avec son quatrième film, il vient de se mettre au rang des réalisateurs les plus intéressants de ces dernières années au même rang que J.C Chandor ou Jeff Nichols.

 

Victor Van De Kadsye

 

 

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