[Critique] – « The Lobster » : Une dystopie drôle et cruelle signée Yorgos Lanthimos.

Dans un monde pas si éloigné du notre, les célibataires sont placés dans un centre de détention afin de remplir un objectif invraisemblable : Si ils/elles ne trouvent pas quelqu’un avec qui partager leurs vies au bout de 45 jours, ils seront transformés en un animal de leur choix. Ce pitch aussi absurde qu’alléchant est celui de « The Lobster« , nouveau film de Yorgos Lanthimos et l’une des plus belles expériences de cette année.

Raconté sous une mise-en-scène froide, « The Lobster » dégage un véritable sentiment de malaise par sa force de rendre hilarante une situation fortement désagréable. Partant sur une idée de base absurde, il est impossible de ne pas rire devant ce film, bourré d’idées comiques ingénieuses comme un simple zozotement , des cours ridicules sur les bonnes manières ou bien le jeu d’acteur volontairement faux de Colin Farrel. On rit extrêmement jaune tout le long, ce qui est une des véritables forces du film.

Le récit ne cesse jamais de nous surprendre. S’éloignant linéairement de son concept pour mieux se concentrer sur une réflexion amère sur les conventions sociales, on est captivés par cette histoire d’amour décalée entre Colin Farrel et Rachel Weisz. Utilisant l’absurdité pour appuyer une analyse sur les relations en couple, Lanthimos prend un malin plaisir à détourner les conventions pour nous toucher. En compagnie de nos deux personnages principaux, le film s’interroge donc sur la « nécessité » d’être en couple de la plus cinglante des manières.

La mise-en-scène glaçante et stylisée, rappelant à certains moments la dystopie de Richard Ayoade « The Double« , s’allie parfaitement à l’écriture du film. Sublimant l’amour des deux protagonistes, renforçant cette impression de « faux » durant tout le film, « The Lobster » est une véritable merveille pour la vue et l’audition et fourmille d’idées ingénieuses.

Surprenant par tous les recoins, « The Lobster » nous offre une véritable expérience cinématographique. Qu’il est plaisant de voir une oeuvre aussi originale ne traînant jamais en longueur et qui n’épuise jamais son concept ! Yorgos Lanthimos a signé l’un des films les plus marquants de cette année, qui aurait dû remporter la Palme d’Or cette année à Cannes plutôt qu’un Prix du Jury.

Victor Van De Kadsye

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