[Critique] « This is not a love story » : La nouvelle réussite issue de Sundance

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Le cinéma dit « Sundancien » est souvent apte à nous offrir un cinéma libre de toute supervision hollywoodienne. Pouvant contenir des films clichés dans sa sélection, comme certains diront qu’un film cannois peut être ennuyeux ou déprimant, il amène la plupart du temps des films novateurs en terme de narration ou de mise-en-scène. Récemment, des longs-métrages comme « Whiplash« , « Dope » ou « Dear White People » ont pu faire commencer leurs carrières grâce à ce festival. Ce fût aussi le cas pour la comédie dramatique « This is not a love story« , véritable succès auprès de la critique, du public et de mon coeur.

Greg est un lycéen introverti, adepte de l’autodérision, qui compte bien finir son année de Terminale le plus discrètement possible. Il passe la plupart de son temps avec son seul ami, Earl, à refaire ses propres versions de grands films classiques. Mais sa volonté de passer inaperçu est mise à mal lorsque sa mère le force à revoir Rachel, une ancienne amie de maternelle atteinte de leucémie.

Avec des personnages décalés, un thème difficile traité avec recul, des références fusant à tout va et une bande originale folk, tout peut laisser penser que « This is not a love story » serait un prototype calibré pour Sundance et la Fox Searchlight (ayant produit entre autres « Juno » ou « (500) Jours Ensemble » mais le film de Alfonso Gomez-Rejon a plus d’un tour dans son sac. Il parvient à avoir son propre ton avec une histoire classique en soi, celle d’un jeune homme se liant d’amitié avec une adolescente atteinte de leucémie, mais en apportant une certaine profondeur aux personnages et à son écriture.

« Me, Earl and The Dying Girl » (Titre original du film) n’est pas un énième cancer-movie traité sur une forme indépendante. Il est avant tout le parcours introspectif d’un adolescent cinéphile en mal de soi. La construction du film, qu’elle soit narrative ou scénique, arrive à nous plonger dans la tête de ce jeune homme (incarné par Thomas Mann) en pleine crise existentielle. La partie « cancer-movie » est quant à elle traité de manière juste , laissant les images nous émouvoir plutôt qu’une surenchére de pathos.

Le film est aussi un véritable hymne au cinéma qui fait agréablement plaisir. Par l’utilisation du thème des « 400 Coups« , une vénération à Werner Herzog ou des remakes suedés de films comme « Orange Mécanique » ou « Mean Streets« , on ressent toute la passion du réalisateur pour le 7ème art, le considérant comme un véritable vecteur de souvenirs et d’émotions.

Servi par un casting réjouissant, dont la présence au générique du mythique Nick Offerman, « Me, Earl and the dying girl » touche par ses thèmes explorés avec justesse et tendresse. Si le film peut agacer certains par ses gimmicks « Sundancien » (Cartons avec titre sarcastique, bande-originale folk, hymne aux weirdos, références obscurs), d’autres pourront y voir une manière plus légère et jolie de raconter une histoire très universelle. Un film qui risque de passer inaperçu auprès du public français mais qui pourrait en toucher plus d’un.

 

Victor Van De Kadsye

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