[Critique] – « Marguerite et Julien », la nouvelle folie amoureuse de Valérie Donzelli

marguerite-julien-bandeau

 

Le style si singulier du cinéma de Valérie Donzelli est de retour, trois ans après le charmant « Main dans la main« , avec le récit de  » Marguerite et Julien« , l’amour interdit mais ivre de passion entre deux frères et soeurs. Surprenant le spectateur une fois de plus, Donzelli signe un film unique en son genre et magnifique.

Julien et Marguerite de Ravalet, fils et fille du seigneur de Tourlaville, s’aiment d’un amour tendre depuis leur enfance. Mais en grandissant, leur tendresse se mue en passion dévorante. Leur aventure scandalise la société qui les pourchasse. Incapables de résister à leurs sentiments, ils doivent fuir…

L’amour, ce thème récurrent évoqué dans « La Guerre est déclarée » et « Main dans la main » revient dans un registre plus romanesque, dans sa manière de raconter la passion amoureuse, mais aussi de manière plus déconcertante sans pour autant créer le malaise. Valérie Donzelli, avec la collaboration de Jérémie Elkaim en tant qu’acteur et scénariste, raconte une passion amoureuse délicate mais traitée dans une approche romantique, où l’amour brave les interdits, les moeurs et les jugements.

Sublimé par la musique de Yuksek, le film nous transporte dans un tourbillon d’émotions inouï. L’amour pour nos deux protagonistes peut nous attacher, nous saisir, nous déranger, nous émouvoir et nous faire frissonner tant le duo de collaborateurs Donzelli/Elkaim arrive à raconter l’histoire de ce couple avec passion, singularité et tendresse.

On retrouve les fulgurances cinématographiques si chères à la réalisatrice et son esthétique pop et coloré. Les éléments anachroniques tels que l’apparition de tourne-disque, d’hélicoptères ou de voitures ainsi que la présence de deux morceaux pops se démarquant de l’époque (The Artwoods et The Shangri-Las), rappelant par ailleurs le biopic indie de « Marie-Antoinette » par Sofia Coppola, intensifie l’intemporalité de cet amour fou. Le film se dégage d’une aura romanesque et pop tant une certaine énergie se poursuit tout le long. Les dialogues fusent comme les actions et aucun temps mort n’apparaît. Un style romanesque qui sera d’ailleurs aidé par ses acteurs, les époustouflants Jérémie Elkaim et Anaïs Demoustier, qui manie les registres avec brio.

La magie du cinéma de Valérie Donzelli revient donc une nouvelle fois avec un film déchirant, qui étonne comme il fascine et qui mérite un meilleur accueil que celui que lui a réservé le public cannois en mai dernier.

 

Victor Van De Kadsye

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s