[Critique] – « Les Chevaliers Blancs » : Des chevaliers controversés.

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Il y a huit ans, une organisation non-gouvernementale tenta d’enlever une centaine d’orphelins en Afrique afin qu’ils soient adoptés en France. L’ambiguïté qu’aura suscité l’Arche de Zoé ressuscite à l’écran par Joachim Lafosse avec « Les Chevaliers Blancs », une adaptation forte où l’ambiguïté domine l’histoire.

Jacques Arnault, président de l’ONG « Move for kids », a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d’exfiltration d’orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Entouré d’une équipe de bénévoles dévoués à sa cause, il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition…

Est-ce que de bonnes intentions peuvent justifier des actes controversées ? Est-il juste d’aider uniquement des orphelins de moins de cinq ans et délaisser d’autres enfants aussi en difficulté ? Lafosse propose aucune réponse concrète à ces questions. Plongée au sein de ce groupe d’activistes, la caméra apporte les événements dans une démarche naturaliste aux spectateurs, laissant la réflexion et le jugement non pas au réalisateur mais aux spectateurs. Le film se pose donc comme étant une remise en question pour le public sur le mot « juste ».

Le nouveau film de Joachim Lafosse prend le temps nécessaire pour raconter cette histoire invraisemblable. En racontant au plus simple la vie quotidienne de ces « chevaliers blancs », entre les réunions ou les recherches d’enfants, le film ne glorifie ou ne diabolise en aucun cas ces personnes. Contrairement à la mise en scène du reportage que fait la journaliste jouée par Valérie Donzelli pendant tout le récit, la sobriété du film permet de mieux soulever l’ambiguïté de cette histoire aux spectateurs.

Les membres de cette ONG, pleines de bonnes intentions et de volonté de faire le bien, nous passionnent par leurs différences et leurs violentes disputes. Incarnés par des acteurs réputés dans le cinéma d’auteur français, ce groupe nous attachera autant qu’il nous troublera à certains moments. Mais parmi tout ces acteurs, il faut surtout retenir le jeu de Vincent Lindon, après son interprétation bouleversante dans « La Loi du Marché » en Mai dernier, il livre une performance digne d’une pile électrique dans le rôle de ce chef de groupe voyant les choses en grand pour faire ce qu’il pense être le bien. Sa performance captive une fois de plus et  sidère tout le long.

En s’inspirant de ce fait-divers, Lafosse signe un film poignant qui ne manquera pas de vous inciter à la réflexion concernant cette affaire lorsque vous sortirez de la salle.

Victor Van De Kadsye

 

 

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