[Critique] – « Legend » : Deux Tom Hardy pour un ennui profond.

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Les légendes criminelles n’ont décidément plus le vent au poupe dans leurs récentes adaptations cinématographiques. Après Strictly Criminal de Scott Cooper en Novembre dernier, c’est au tour de Brian Helgeland de nous livrer un film stérile sur des célèbres repris de justice. Avec Legend, le réalisateur signe un biopic pompeux sur les frères Kray, une fraternité qui aura commis parmi leurs crimes celui d’être à l’origine de ce film.

Londres, les années 60. Les jumeaux Reggie et Ronnie Kray, célèbres gangsters du Royaume-Uni, règnent en maîtres sur la capitale anglaise. À la tête d’une mafia impitoyable, leur influence paraît sans limites. Pourtant, lorsque la femme de Reggie incite son mari à s’éloigner du business, la chute des frères Kray semble inévitable…

Deux Tom Hardy pour le prix d’un, tel est le principal argument de vente du nouveau film.  Après Jeese Eisenberg chez Richard Ayoade et Jake Gyllenhall chez Denis Villeneuvre, c’est au tour de Max Rockstanky, alias Tom Hardy, de se livrer à l’exercice du double rôle chez le scénariste de Mystic River. Et si la performance de l’acteur est saisissante, elle ne parvient pas cependant à rattraper les tares du film.

Le rise and fall, histoire racontant l’ascension d’un personnage poursuivie de sa chute, est un genre vu et revu sur grand écran. Si un réalisateur comme Martin Scorsese a su populariser ce sous-genre, il est affolant de voir certains metteurs en scène l’utiliser en ne reprenant que ses clichés. De la voix-off inutile d’Emily Browing, jouant ici la femme de Reggie Kray, à la bande-son composé de tubes de la pop anglais et le plagiat  de la célèbre séquence du Copacabana des Affranchis, le film accumule les poncifs pour livrer un objet filmique ne proposant aucune nouveauté.

Ce manque d’originalité s’accompagne aussi d’une écriture confuse. Partant sur de nombreuses pistes sans pour autant les approfondir, tels la relation entre les deux jumeaux ou une guerre entre deux gangs, on s’ennuie ferme devant ces deux heures et onze minutes brouillonnes.

Il ne reste plus qu’à sauver les performances de Tom Hardy, qui se prête agréablement à cet exercice de style. Si des questions se posent quant à la manière de mettre en scène ces deux frères, notamment pour celui de Ronnie Kray qui sert tout simplement comme « comic relief » plutôt qu’un personnage dérangeant, il est impressionnant de voir à quel point l’acteur britannique s’investit dans ces deux rôles. Emily Browing, quant à elle, touche dans un rôle tragique mais néanmoins sur-exploité.

Tom Hardy n’entraînera pas cependant ce film dans la légende. Cet énième biopic générique est à mettre aux oubliettes le plus vite possible en raison de ses nombreux clichés aux service d’un scénario confus.

Victor Van De Kadsye

 

 

 

 

 

 

 

 

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