« Steve Jobs » : Portrait d’un manipulateur visionnaire

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Après son thriller aux airs d’Inception, Trance, le réalisateur culte Danny Boyle s’attaque à l’une des personnalités les plus importants de ce siècle : Steve Jobs. Epaulé par Aaron Sorkin, scénariste de « The Social Network« le metteur en scène signe un portrait ambivalent sur cette personnalité tant décriée comme un génie.

Dans les coulisses, quelques instants avant le lancement de trois produits emblématiques ayant ponctué la carrière de Steve Jobs, du Macintosh en 1984 à l’iMac en 1998, le film nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime de l’homme de génie qui y a tenu une place centrale.

Avoir révolutionné la culture numérique doit-il nécessairement être porté à l’écran avec ambiguïté et talent ? A l’instar de Mark Zuckerberg ou d’Edward Snowden, le co-fondateur d’Apple a droit à un portrait sans concession n’hésitant pas à ternir sa réputation. Insultes, négligence paternelle, ingratitude mais aussi visionnaire, ingénieux et perfectionniste, les qualités et défauts de Jobs explosent sur grand écran au sein d’un rythme frénétique tenu par les dialogues de Sorkin.

Raconté en trois chapitres aux qualités d’images différentes en fonction de l’époque, situés chacun dans les coulisses des annonces des produits Apple, le film est un flot inimaginable de disputes provoqués par la mégalomanie de l’inventeur. Après les disputes verbeux entre Jesse Eisenberg et Andrew Garfield, c’est au tour de Michael Fassbender, Kate Winslet, Jeff Daniels ou Seth Rogen de s’adapter au style Sorkin et cela fonctionne à merveille.

Fassbender excelle à jouer ce génie narcissique, négligeant touts ses collaborateurs amenant à des scènes mémorables tels un face à face tendu entre lui et Jeff Daniels, incarnant ici le mentor professionnel de Jobs. Quant à Seth Rogen et Kate Winslet, les deux acteurs nous touchent en restant inséparables à leur ami facilement méprisant.

Danny Boyle et Aaron Sorkin livrent un portrait complexe de cette personnalité survoltée. Sur un bouquet final musical et étourdissant, le film offre une image ambigüe de cette personnalité tant adulée par ses clients : Celle d’une personne rempli de qualités et de défauts, celle d’un être humain tout simplement.

Victor Van De Kadsye

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