Anomalisa : Charlie Kaufman, master of puppets

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En voyage le temps d’un devoir professionnel, une célébrité tente de combattre sa solitude en rencontrant une jeune fille à la fois timide et rayonnante. Ceci n’est pas le scénario de Lost In Translation mais celui de son pendant animé, Anomalisa, un film déconcertant sur toutes ces formes mais qui est un véritable coup de coeur signé Charlie Kaufman.

Michael Stone, mari, père et auteur respecté de « Comment puis-je vous aider à les aider ? » est un homme sclérosé par la banalité de sa vie. Lors d’un voyage d’affaires à Cincinnati où il doit intervenir dans un congrès de professionnels des services clients, il entrevoit la possibilité d’échapper à son désespoir quand il rencontre Lisa, représentante de pâtisseries, qui pourrait être ou pas l’amour de sa vie…

Après ses exploits chez Michel Gondry et Spike Jonze, le scénariste passe derrière la caméra pour un projet des plus atypiques : Un film d’animation intimiste en stop-motion financé par Kickstarter. Le pari pourrait sembler risquer aux yeux de certains mais s’avère en réalité des plus réussis. Kaufman signe une oeuvre impressionnante pour sa simplicité et son audace au sein de l’animation américaine. Les personnages animés ont aussi droits à leur intimité et Anomalisa l’a parfaitement compris.

Pendant la rapide heure et demie, le duo animé erre dans les couloirs de cet hôtel, aussi effrayant que l’Overlook Hotel de Shining, en interagissant entre eux et avec eux-même pour finir sur une note mélancolique, à la fois douce et terriblement pessimiste. Là ou l’animation sert habituellement à instaurer un monde irrationnel, elle sert ici à rendre un effet d’étrangeté à un monde des plus réaliste, entrant parfaitement dans le psychisme du personnage principal, doublé par l’acteur David Thewlis.

Comme Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou Dans la peau de John Malkovich, Anomalisa traite une nouvelle fois des problèmes de communications et des relations entre individus avec ingéniosité, décalage et tendresse. Le film animé pourra déconcerter pour son approche très intimiste, allant même jusqu’à dévoiler une longue scène de sexe, mais il est impossible de nier la tendresse apporté aux personnages, notamment sur celui de Lisa, source rayonnante s’exprimant par la sublime voix de Jennifer Jason Leigh qui vient  de faire un come-back réussi entre ce film et le dernier Tarantino.

« Anomalisa » est un petit bonbon qui se savoure pendant 1h30 et dont le gout délicieux se fait encore sentir après la fin. Troublant et remarquable pour son approche, le passage à l’animation de Charlie Kaufman est réussi et signe un film pessimiste mais touché par des légers rayons de soleils.

Victor Van De Kadsye

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