« The Revenant » : Fury Forest

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Après avoir été congratulé en 2015 par la pluie de récompense grâce à la réussite de « Birdman », le réalisateur Alejandro Gonzales Innaritu revient avec un nouvel électrochoc dans le cinéma américain : « The Revenant ». Une histoire de vengeance mystique tourné dans des conditions extrêmes avec Leonardo DiCaprio en trappeur blessé, tel est le programme de ce « survival » sauvage et expérimental qui ne laisse aucun répit pour son personnage principal et son spectateur.


Avec ce nouveau projet, Innaritu signe une expérience inoubliable en plongeant le spectateur au sein de la forêt sauvage, dans les recoins les plus dangereux, rendant le visionnage particulièrement éprouvant pendant 2h40 tant il réussit à nous immerger dans l’univers. La caméra flottant autour des personnages entourés des sons hors-champs contribue à un climat angoissant emmenant le spectateur dans le film. Sans concessions, le film livre une fable spectaculaire et à l’imagerie extrêmement violente en pleine harmonie avec l’hostilité de la nature. Dangereuse, sale et imprévisible, ne laissant aucun repos à l’homme, passant son temps à lutter pour sa survie et ses intérêts. La sauvagerie de ces hommes au sein de ces paysages, à la fois crasseux et sublimes, laisse place à des images particulièrement fortes, notamment lors de la première demi-heure du film et ses scènes de batailles sanguinaires.

Le reproche le plus évident qu’on pourrait faire au récit serait sa simplicité étalée sur deux heures et quarante minutes. Et pourtant, cette durée s’avéra être nécessaire pour l’immersion totale à l’oeuvre et aux souffrances endurées par Leonardo DiCaprio, décidément bien parti pour emporter son Oscar cette année. Aucun temps mort n’apparaît, alternant entre des scènes d’hallucinations et de beautés magnifiques contre-balancés par une soudaine brutalité. Innaritu utilise l’image pour émouvoir et créer un impact chez le public, évitant ainsi de créer toute forme de pathos, accompagné de la bande-son imposante de Ryu Sakamoto.

Au-delà de sa prouesse technique, ce western crépusculaire est un récit hallucinant sur l’instinct de survie, entre le trappeur Hugh Glass motivé par vengeance ou le trappeur Fitgerald, figure antagoniste interprété par Tom Hardy, rusant par touts les moyens pour protéger son business et son confort. Les deux acteurs donnent corps et âmes leurs personnages, évoluant dans un environnement hallucinant, ou réalité et imaginaire tendent à se confondre.

L’expérience procurée par « The Revenant » est inoubliable et offre aux spectateurs un OVNI d’une rare intensité au sein de la production mainstream. Reste à voir, maintenant, si le film et Leonardo DiCaprio seront consacrés aux Oscars ce dimanche soir, au même titre que la folie introspective de « Birdman » l’année dernière.

Victor Van De Kadsye

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