« Room » : Panique dans la chambre

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Comment grandir dans le monde extérieur quand on se retrouve enfermé dans un 9m² pendant cinq années de sa vie ? Cette expérience traumatisante vécue par une jeune mère et son fils est l’objet du nouveau film de Lenny Abramson, auteur remarqué l’année dernière avec « Frank », un drame poignant qui laissera des marques aux personnages ainsi qu’aux spectateurs.

Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé.

Spectateurs claustrophobes, passez votre chemin ! Ce qui marque immédiatement dans « Room », c’est sa force à transporter le spectateur dans un milieu oppressant auquel nul individu souhaiterait s’y retrouver. La première heure du film se déroulant intégralement dans la « chambre » isolée et crasse s’avère être suffocante. Une sensation d’étouffement appuyé par la position du spectateur, installé dans l’obscurité d’une salle de cinéma, qui ne manquera pas de sortir les mouchoirs.

Libérée, délivrée de cette première partie, le monde s’ouvre dans toute sa splendeur s’intéressant aux conséquences du calvaire subie par les personnages. Dans une mise-en-scène plus posée qu’à la précédente partie, celle-ci jouant sans cesse sur les trouvailles visuelles pour ne pas tomber dans un aspect clinique, le film restera dans une approche psychanalytique sur la réhabilitation sociale difficile au début que vont traverser ce duo marqué et marquant de cette jeune mère et son fils.

Passé le stade de l’expérience, « Room » n’oublie pas de raconter une histoire, celle-ci se retrouvant construite solidement. Si son schéma paraît simple, de l’enfermement à l’ouverture, le film révèle petit à petit une histoire maternelle porté par ses deux acteurs principaux ahurissants par leur naturel : Brie Larson, déjà vue dans le drame « States of Grace » et dans « 21 Jump Street » et oscarisé pour son rôle, ainsi que la révélation Jacob Tremblay, savant parfaitement manier les émotions avec le naturel d’un enfant de cinq ans traumatisé qui risque de faire couler des torrents de larmes au public.

L’expérience est anxiogène mais petit à petit se découlera de « Room » une œuvre pleine d’espoir et d’optimisme sur la manière de surmonter un traumatisme. Porté par ses acteurs et ses émotions, le dernier film de Lenny Abrahamson est un film bouleversant qui vous fera prendre des actions chez Kleenex.

Victor Van De Kadsye

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