« Midnight Special » : Le miracle de Jeff Nichols dans la science-fiction.

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Avec « Midnight Special », Jeff Nichols confirme qu’il n’est pas le nouveau Spielberg mais un auteur du cinéma américain tout aussi prodigieux que celui qui l’a bercé dans son enfance et qui s’est imprégné dans ses influences. Dans cette fable passionnante, un père de famille (Michael Shannon) part en cavale afin de mener à bien la mission de son fils, enfant mystérieux doté de pouvoirs.

Fuyant d’abord des fanatiques religieux et des forces de police, Roy, père de famille et son fils Alton, se retrouvent bientôt les proies d’une chasse à l’homme à travers tout le pays, mobilisant même les plus hautes instances du gouvernement fédéral. En fin de compte, le père risque tout pour sauver son fils et lui permettre d’accomplir son destin. Un destin qui pourrait bien changer le monde pour toujours.

Il se dégage de ce quatrième long-métrage du réalisateur une atmosphère proche du mysticisme envoûtant le spectateur autant que les personnages. Nichols trouble son public en jouant sur les non-dits et le surnaturel. Le film montre suffisamment les choses, notamment dans les crises destructrices provoqués par le jeune Alton, pour laisser apparaître un mystère sans dériver dans une approche proprement abstraite.

Cette fable proche de la science-fiction cache en réalité un drame familial puissant. La surprotection de son enfant par peur de le perdre dans n’importe quel cas car convoité par divers dangers, est l’objet majeur du film. Ce père de famille, jouée par l’inépuisable Michael Shannon, émeut dans sa volonté à protéger son enfant à n’importe quel prix. Le relation père et fils, appuyé par l’incroyable alchimie entre Shannon et Jaeden Lieberher, est donc le véritable cœur du film

A l’instar de l’excellent « Mud », précédent film du metteur en scène, le film longe son amour à la Amblin, pour sa récurrence à étudier l’enfant grandissant. Un portrait d’enfant teintée de fantaisie qui ne serait pas sans rappeler des films comme « E.T », là où « Mud » pouvait rappeler « Les Goonies » . Néanmoins, crier au nouveau Spielberg serait ne pas rendre justice à Nichols.

Si l’auteur issu d’une nouvelle génération de réalisateurs américains talentueux, parmi lesquelles pourrait compter J.C Chandor ou Damien Chazelle, partage la maestria du mythique réalisateur, il s’éloigne toutefois de son maître dans sa mise-en-scène et son approche intimiste privilégiant le drame et le minimalisme au grand spectacle. Un style âpre, teinté d’une certaine noirceur, apparaît au début pour laisser se dégager une certaine lumière, pouvant rappeler le publiquement sous-estimée « A la poursuite de demain » de Brad Bird, vers sa fin.

« Midnight Special » fascine pour ses mystères, à la fois fable s-f mystique et drame familale sur l’enfance. Jeff Nichols signe une œuvre imposante dans le cinéma d’auteur US, pleines d’idées ingénieuses et de personnages forts (les personnages de Joel Edgerton, Kirsten Dunst et Adam Driver pourraient s’apparenter aux spectateurs à la fois fascinés et intrigués par les événements) qui suscitera encore des interrogations à la fin de la séance.

Victor Van De Kadsye

 

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