« Ten Cloverfield Lane » ou « Ten Cloverfield Lame »

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Déclaration de Dan Trachtenberg : « C’est un film unique, qui n’est ni un prequel, ni une suite. Mais il s’inscrit das le même esprit et le même ton que Cloverfield. Mais sans lien direct ». Bonne nouvelle alors ? Non.

[Attention aux spoilers]

Si l’on tend l’oreille deux secondes, il est possible d’entendre que 10 Cloverfield Lane est un très bon thriller, soutenu par un John Goodman impérial, mais possédant un défaut de taille par rapport à la fin du long-métrage. Si ce qui fait un bon thriller en huis clos est d’avoir John Goodman qui hurle, alors c’est que les attentes pour ce genre de film sont vraiment basses. Car 10 Cloverfield Lane  est raté du début jusqu’au moment om le personnage de Michelle (Mary Elizabeth Winstead) sort de l’abri. Car au final, c’est la toute fin qui est l’aspect le plus réussi du film, mais nous reviendrons sur ce détail plus tard.

Tension ? Non, car dès les premières minutes dans l’abri, nous savons ce qui va se passer et qui est vraiment Howard (John Goodman) tant ses actions hurlent aux spectateurs la suite des événements. Par ailleurs, ce n’est pas parce qu’un personnage s’énerve qu’il est forcément terrifiant, et quand il danse aussi, surtout qu’à part beugler durant tout le long-métrage, il ne nous fait pas ressentir grand-chose le John. Son personnage n’arrive donc à aucun moment à nous faire croire qu’il peut être gentil, car au final, nous savons qu’il est méchant depuis le début, et l’illusion n’existe donc pas, et de par ce fait la désillusion. Le plus triste est peut-être le fait de voir tout le monde reconnaître le talent de John Goodman, alors que c’est un acteur brillant depuis plus de 20 ans. De plus, comment ressentir une quelconque peur par rapport à ce qui peut arriver aux personanges tant l’intérêt que leur porte le film est minime.

Le personnage de Mary Elizabeth Winstead n’est absolument pas une femme forte, c’est une femme débrouillarde et capable de se sortir de n’importe quelle situation sans subir de grandes blessures. Elle n’a aucune évolution, et ne rencontre aucun danger, alors qu’un personnage fort est censé avoir une faiblesse durant son périple, une épreuve plus dure à passer qu’une autre, l’obligeant ainsi à se remettre en question, pour ensuite se transcender, et vaincre l’adversité, non sans dommages. Ici non, elle arrive même à détruire un énorme vaisseau/monstre/vagin avec un petit cocktail molotov qui arrive au bon endroit au bon moment. Leitmotiv récurrent du film par ailleurs, puisque régulièrement des événements « randoms » débarquent sans crier garde permettant aux personnages d’avancer dans l’histoire. C’est à se demander si Dieu n’existe pas également dans ce film. Quant au personnage d’Emmet (John Gallagher Jr), c’est peut-être le personnage le moins développé dans tout le film, dont le background est ridicule puisque inexistant, sa mort elle, est carrément snobée par la caméra. Elle est faite hors champ, préférant ainsi se focaliser sur Michelle, qui malheureusement ne peut pas nous fournir l’empathie que nous devrions ressentir, car ne pas le voir mourir nous fait penser qu’il n’est pas important. Pourtant, loin de nous l’idée de ne pas voir qu’il y a des tentatives d’écritures sur l’être humain et les aliens, à savoir lequel des deux est le véritable monstre.

Et pas la peine de chercher quelque chose à se mettre sous la dent par rapport à la mise en scène. Aucune originalité, aucun jeu sur le montage pour faire percevoir de la tension, pas d’effets violents, juste du travail d’une banalité sans nom. Et ce n’est pas la musique insupportable du film qui va sauver quoique ce soit. Au final, autant regarder « The Thing » pour avoir de vrais personnages ambigus, de la tension dans un huis clos, avec à l’extérieur un monde hostile, et un monstre dont on ne sait s’il est extraterrestre ou humain.

Mais tout n’est pas perdu pour toi spectateur, car si tu veux passer un grand moment nanardesque, tu peux toujours passer tout le film, et te concentrer sur les vingt dernières minutes du film. C’est moche, c’est stupide, avec un personnage digne de Michelle Rodriguez, et avec un cliffhanger tout pourri, mais qu’est-ce que c’est drôle. Si le film avait été ce splendide nanar, alors cette critique serait bien plus positive. Désolé J.J, ta nouvelle production est ratée.

Stéphane Visse

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Une réflexion sur “« Ten Cloverfield Lane » ou « Ten Cloverfield Lame »

  1. Je ne suis absolument pas en accord avec ta critique.
    C’est un film avec une ambiance, certes, qui ne plaira pas à tout le monde, mais la tension est bel et bien présente. John Goodman est au top, contrairement à ce que tu affirmes, il arrive à très bien faire se demander au spectateur : « est-il réellement taré ? ».
    Les seconds rôles ne méritent presque aucun reproches à part celui qui tu as bien soulevé, ils ne sont pas assez creusés…Mais sur la forme, la musique s’allie très bien avec l’ambiance et la photographie est très travaillée !
    Si on compare ce film à Cloverfield, il n’y a pas photo, les défauts de ce found-footage ont été gommés et même améliorés, 10 Cloverfield Lane est très bon, bien meilleur que la grande majorité des long-métrages qui sortent au cours de l’année…

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