« Five » : BCBG Club

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Un film « générationnel », tel est le mot servant à définir « Five », énième tentative de signer un film de potes à l’américaine par des français. Il est donc dommage de voir le premier film d’Igor Gotesman, réalisateur et scénariste repéré grâce aux hilarants sketchs de « Casting(s) », tomber dans une vision générationnelle si superficielle.

Cinq amis d’enfance rêvent depuis toujours d’habiter en colocation. Lorsque l’occasion d’emménager ensemble se présente, Julia, Vadim, Nestor et Timothée n’hésitent pas une seule seconde, surtout quand Samuel se propose de payer la moitié du loyer ! A peine installés, Samuel se retrouve sur la paille mais décide de ne rien dire aux autres et d’assumer sa part en se mettant à vendre de l’herbe. Mais n’est pas dealer qui veut et quand tout dégénère, Samuel n’a d’autres choix que de se tourner vers la seule famille qu’il lui reste : ses amis !

A l’instar des adolescents de John Hughes ou bien les junkies écossais de « Trainspotting », un film générationnel est censé avoir cette faculté à parler à un public visé de leurs bonheurs ou leurs mal-êtres selon les changements vécus à une époque. Il peut être d’autant plus fort si le film réussi à traverser les décennies pour toucher les cœurs des générations suivantes comme on peut le voir avec le succès encore actuel d’un film comme « Breakfast Club ». En proposant des personnages humains, en déstructurant les clichés longuement véhiculés ou en exploitant leurs conséquences, ces films ne rataient pas leurs tirs. Tout l’inverse donc de notre film-sujet où cette « génération » est seulement exploité par des conventions faussées de la génération « Y ».

Fini tourments et complicités entre individus, bonjour pléiade de références à la pop-culture et humour vaseux. A vrai dire, il serait hypocrite de faire ce genre de reproche à une comédie pour quelqu’un adulant des productions américaines tels que celles d’Adam McKay ou de Judd Apatow. Il est louable à Igor Gotesman d’apporter des influences contemporaines et tenter des choses avec cela. Il aurait dû mieux doser son humour et perfectionner sa bande d’amis en ne les réduisant pas à des clichés ambulants digne d’une mauvaise publicité. Chaque personnage semble s’être attribué à un unique rôle de « comic-relief » et au-delà de leurs intrigues personnelles vues un nombre incalculable de fois dans le genre, rien ne semble s’apparenter à de l’empathie pour le spectateur.

L’aspect « film de potes » peine à convaincre, donc, et n’est pas rattrapé par un scénario cousu de fil blanc, n’hésitant pas à reprendre sans scrupules la trame narrative de « Savages » d’Oliver Stone, la violence et le casting glamour en moins. Les gags scatologiques tendent à rendre l’humour du film lourdingue, et ce n’est malheureusement pas le talent de Pierre Niney ou le caméo étrange de Fanny Ardent qui sauveront le tout.

« Five » déçoit pour faire partie de ces banalités servis dans la comédie française actuel alors qu’avec de tels intentions, il aurait pu toucher toute une génération sans tomber dans les clichés et la facilité.

Victor Van De Kadsye

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