[Critique] – Nos Souvenirs (The Sea of Trees) de Gus van Sant

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Alors qu’il semble décidé à mettre fin à ses jours dans la forêt d’Aokigahara, au pied du mont Fuji, Arthur Brennan se remémore les moments les plus marquants de sa vie de couple : Sa rencontre avec sa femme Joan, leur amour, mais aussi l’usure de leur couple et leur éloignement progressif. Paradoxalement, une épreuve dramatique va leur ouvrir les yeux, renforcer leurs sentiments et les réunir à nouveaux.

Alors qu’il revit ses souvenirs de couple, Arthur réalise comme cette passion a marqué sa vie…

Après avoir été copieusement hué à Cannes, la sortie du film semblait compromise. Il finit toutefois par sortir, subissant une très mauvaise distribution. Le film de Gus Van Sant semblait déjà maudit. Malgré l’avalanche de critiques négatives, certains gardaient espoir. Le réalisateur ayant déjà apporté au cinéma des oeuvres qui divisent par leur radicalité, « The Sea of Trees » aurait pu rejoindre cette partie de sa filmographie. Bien que traitant un sujet intéressant par son mystère et sa fantasmagorie, Van Sant semble disparaître derrière son film. La structure narrative du récit est telle que l’immersion de Arthur, personnage joué par Matthew McConaughey (qui continue son parcours dans un cinéma qui prend des risques, qui ose des choses) dans la forêt Aokigahara est coupée de manière systématique et frustrante par des flashs-backs de sa vie conjugale passée. Ces derniers expliquent les raisons de sa venue mais ralentissent le récit et nous ôte la capacité de pouvoir se laisser noyer, hypnotiser par la mer d’arbres qui l’encercle et qui le noie. Les scènes dans la forêt des songes parviennent certaines fois à apporter ce côté onirique mais à quoi le réalisateur ne donne jamais le temps, ni la légèreté de pouvoir porter ce sentiment tant le symbolisme est lourdement amenée par le parcours spirituel du personnage qui manque souvent de subtilité. Certains éléments en deviennent malheureusement risibles.

La musique peut sembler intéressante à certains endroits mais elle donne un ton étonnement doucereux et enlève le potentiel claustrophobique et angoissant que pourrait installer la forêt.

Même si les acteurs font tout pour nous convaincre et à qui on ne peut pas reprocher grand chose, le film ne trouve pas son chemin et nous quitte dans un sentiment de frustration, nous laissant rêver au film qu’il aurait pu être.

Mélina D’Amico

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