[Critique] – Angry Birds : Le Film

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Avec Angry Birds, une nouvelle ère d’adaptation cinématographique voit le jour. Après le théâtre, les romans ou encore les bandes dessinées, c’est au tour des jeux vidéos pour smartphones et tablettes de passer sur grand écran et c’est Angry Birds qui ouvre le bal. Le jeu où il faut lancer des oiseaux de toutes sortes sur des cochons a désormais droit à sa fiction d’animation. Une réelle bonne idée ? Certainement pas.

Angry Birds est un monde composé de personnages attachants, exception faite pour les cochons. Même s’ils peuvent être râleurs ou bougons, tous les personnages du village des oiseaux nous paraissent un tantinet sympathique, bien que Chuck soit parfois à la limite du supportable. Bomb est le plus attendrissant tant son attitude est naïve et enfantine. Sur ce point, Angry Birds est donc réussi, même si certains oiseaux auraient pu être plus travaillés, ou regorgent de lieux communs des personnages de film d’animation, on pense à Aigle Vaillant, caricatural au possible.

Dans la continuité, on pourra dire que les graphismes sont réussis. Hauts en couleur, ils ne pourront que plaire au jeune public qui s’émerveillera de cet univers qui se rapproche du jeu vidéo initial. Certains détails sont assez définis, comme le plumage des oiseaux. On perçoit donc le travail fourni derrière cette esthétique.

Mais là où Angry Birds flanche complètement, c’est dans son scénario, qui ne s’avère en rien passionnant. Tout est prévisible et bourré de lieux communs de films d’animation : un anti-heros qui se rend compte d’une menace mais que personne ne croit, une lutte pour prouver qu’il a raison, et une happy end pour conclure. Même si beaucoup d’éléments ayant fait le succès du jeu sont repris lors de la seconde partie (sur l’île des cochons), la première partie s’avère être réellement peu passionnante, et il est difficile de s’imprégner du monde des oiseaux. Tout va trop vite, il est que impossible de se poser et d’avoir de réelles émotions. On ne rit que très rarement tant les tentatives de blagues sont déjà vues ou trop potaches pour être vraiment réussies. Dommage, car le film aurait pu être bien plus intelligent et bien plus agréable. Toutefois, certaines références cinématographiques sont bien trouvées, et on se fait un malin plaisir à les remarquer, la meilleure étant celle de Shining lors de la seconde partie, dans le château des cochons.

Les voix françaises collent aux tempérament des personnages, même s’il est vrai qu’on ne reconnaît pas Omar Sy lors des premières répliques. La 3D quant à elle, puisqu’elle ne sert qu’à un travail sur les profondeurs de champs dans les différents plans, rien d’autre.

Aussi, on soulignera l’importance de la bande-originale, plus que jouissive car elle reprend des gros classiques de la musique mondiale, ainsi que des morceaux totalement inattendus comme « Assassin de la police« , de Cut Killer, qu’on ne s’attendait pas à entendre dans un film d’animation semblable à celui-ci.

Angry Birds n’est donc pas vraiment une réussite, même si les jeunes prendront sûrement un petit plaisir à voir les héros du jeu vidéo sur grand écran. Mais il faudrait innover dans les adaptations en terme de films d’animation, car les mêmes scénarios servis à longueur de temps pourraient vite devenir insignifiants, voire extrêmement lassants.

Zoran Paquot

 

 

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