« Julieta » : Une « Gone Girl » chez Almodovar.

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Les stewarts fans des Pointer Sisters avaient divisés il y a trois ans, Pedro Almodovar surprend à nouveau en changeant radicalement. Exit la grandiloquence et la loufoquerie de ses derniers films, place au mélodrame pur et dur qui ne manquera pas de nous émouvoir. De retour sur la croisette, le réalisateur espagnol présente aux Festivaliers et simultanément au public français son drame familial, « Julieta ».

Julieta s’apprête à quitter Madrid définitivement lorsqu’une rencontre fortuite avec Bea, l’amie d’enfance de sa fille Antía la pousse à changer ses projets. Bea lui apprend qu’elle a croisé Antía une semaine plus tôt. Julieta se met alors à nourrir l’espoir de retrouvailles avec sa fille qu’elle n’a pas vu depuis des années. Elle décide de lui écrire tout ce qu’elle a gardé secret depuis toujours.
Dire qu’Almodovar signe un grand portrait de femme relèverait du pléonasme tant le cinéaste doit, en parti, son succès à ses muses esthétisés. Pour succéder Carmen Maura ou Pénélope Cruz, le réalisateur a fait appel à deux actrices Emma Suàrez et Adriana Ugarte pour incarner ce même personnage féminin : Julieta. Ce choix non anodin s’inscrit subtilement dans le thème du film : Les traces laissés par le temps.
Ce voyage dans les souvenirs de notre héroïne, envahi par la culpabilité et le chagrin, s’éloigne catégoriquement de la folle ambiance de ses derniers longs-métrages (« La Piel Que Habito« , « Les Amants Passagers« ) et donne lieu à un mélodrame prenant son temps à raconter cette tragédie familiale étendue sur plusieurs décennies. Le film fait office d’enquête psychanalytique, jonglant entre le passé et le présent pour savoir les raisons de cette disparition brutale, rendant le visionnage passionnant.
Le duo d’actrices Emma Suarez et Adriana Ugarte nous emportent dans un torrent de sentiments, dans ce rôle très en retenu où le pouvoir du gros plan et du champ/contre-champ subliment les traits d’émotions des personnages.
La poésie du réalisateur et ses symboles sont toujours présents, prenant ici la mer comme marque d’aventure empruntée à la mythologie grecque, une aventure amoureuse pris dans la tempête. Un symbolise tout en retenu au début, comme les détails récurrents faisant allusion au passé et à la culpabilité, qui devient cependant lourdaud vers sa fin, se concluant sur une légère exagération symbolique.
Il ne marquera peut-être pas aussi bien les esprits que ses précédents films, il n’empêche qu’Almodovar signe ici l’un de ses films les plus touchants, démarqué par son héroïne bouleversante et un ton plus posé.
Victor Van De Kadsye
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