[Critique] – « Ils sont partout » – Yvan Attal

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La tentative de comédie réflexive d’Yvan Attal, « Ils sont partout« , est sorti ce mercredi dans nos salles. Présenté sur forme de films à sketchs, le metteur en scène et comédien se met en scène en pleine psychanalyse afin de parler de sa paranoïa envers l’antisémitisme en France. Plusieurs sketchs sur les clichés entrechoquent ces séances chez le psy pour donner un ensemble très inégal qui laissera le spectateur plus inerte que grandi.

Yvan se sent persécuté par un antisémitisme grandissant et il a l’habitude de s’entendre dire qu’il exagère, qu’il est paranoïaque. Lors de séances chez son psy, Yvan parle donc de ce qui le concerne : son identité, être français et juif aujourd’hui. Mais ces rendez-vous sont aussi et surtout une sorte de fil rouge reliant entre elles plusieurs histoires courtes qui tentent de démonter, sur le mode tragi-comique, les clichés antisémites les plus tenaces.

Traiter d’un sujet aussi difficile que l’antisémitisme, surtout à une triste époque où la haine des religions est plus que d’actualité, s’avérait être un projet qui pouvait se casser la figure facilement. Il faut donc féliciter une certaine audace qu’a eu Yvan Attal pour oser s’atteler à un tel projet. Malheureusement, à force d’osciller entre une simplicité satirique comme avec ce sketch d’ouverture parodiant le clan Le Pen et une tonalité plus grave, le projet apparaît confus et rapidement ennuyeux.

La tristesse d’Yvan Attal en tant que Juif de vivre avec cette haine ambiante se fait ressentir tout le long du film, tentant même de parler au nom de toutes les religions vers la fin, mais la place du spectateur est mis à mal car ce dernier pourrait se sentir impassible devant l’absurdité de certains sketchs. L’idée du film étant de démonter plusieurs stéréotypes sur les Juifs à travers plusieurs segments, il est pourtant dommage qu’à force de démonter des arguments par l’absurde ou de finir les sketchs de manière trop brutale, le propos de ces sketchs finissent par passer inaperçus ou alors d’être trop appuyés par un malaise transmis volontairement.

Quelques rires gênés sont provoqués subitement pendant tout le film, les sketchs très inégaux se succèdent sous un mauvais rythme et une réalisation monotone de la part d’Attal, on ne peut pas dire qu’Ils sont partout soit un accident industriel.

Voir les vedettes du cinéma français populaire s’éclater dans des rôles absurdes et souvent odieux est un plaisir offert par Yvan AttalPoelvoode et Valérie Boneton en couple politique nationaliste, François Damiens et Popeck mettant mal à l’aise sur un sketch sur la revendication de toutes les minorités ou Gilles Lellouche en faux messie, chaque acteur semble s’être éclaté à jouer leurs personnages. Le seul bémol revient au sketch le moins réussi du film, où Dany Boon et Charlotte Gainsbourg en font des tonnes sur fond d’argent.

Le pari osé que prend Yvan Attal avec « Ils sont partout » est donc à saluer et devrait encourager les producteurs, si le film fonctionne, à prendre de plus en plus de risques avec de tels sujets. Un pari osé qui porte de sévères défauts, méritant peut-être une plus grande objectivité et un rythme mieux dosé, mais qui a le mérite de soulever quelques questions sur l’antisémitisme et d’avoir cette volonté hardue de faire passer un propos. Un film rempli de bonnes intentions mais dont les défauts sont partout…

Victor Van De Kadsye

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