« L’Idéal » : Le démon de la mode vu par Beigbeder

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La vanité du monde de la mode, univers pleine d’artifice, de débauche et de vanité, Nicolas Winding Refn l’avait somptueusement traité avec esthétique dans « The Neon Demon » la semaine dernière. Une semaine plus tard, ce même thème revient sous la houlette d’une personne le connaissant mieux que tout le monde pour y avoir plonge, Frédéric Beigbeder. L’auteur-réalisateur revient avec un deuxième film inégal mais plein de mordant, « L’idéal« .

L’ancien concepteur-rédacteur Octave Parango de « 99 francs » s’est reconverti dans le « model scouting » à Moscou. Cet hédoniste cynique mène une vie très agréable dans les bras de jeunes mannequins russes et les jets privés de ses amis oligarques… jusqu’au jour où il est contacté par L’Idéal, la première entreprise de cosmétiques au monde, secouée par un gigantesque scandale médiatique…

Octave Parango est de retour, neuf ans après la débandade d’effets clipesques signés Jan Kounen dans « 99 Francs », plus cynique et mesquin que jamais. Cette fois-ci, exit Jean Dujardin mais place au nouveau chouchou de Beigbeder, le comédien Gaspard Proust, humoriste au ton désabusé correspondant trait pour trait au personnage principal.

Les acteurs s’en donnent à coeur joie, Gaspard Proust et Audrey Fleurot s’éclatent à s’échanger la parole à coup de répliques cinglantes tandis que Jonathan Lambert excelle dans le rôle de la PDG de « L’idéale« , aux gestes et dialogues aussi violentes que les tracas de Gaspard Proust dans le film.

Après le monde foutraque de la publicité en 2007, cette suite écrite et réalisé par cette pile électrique qu’est Beigbeder immerge son alter-ego de l’auteur dans le milieu impitoyable de la mode. Contrairement au film de Refn où ce même milieu était synonyme de froideur et de mort, « L’Idéal » éreinte ce monde artificiel avec flamboyance d’effets de styles et de fêtes délirantes.

Pendant 1h30Beigebder dénonce les dérives d’un monde qu’il a longuement côtoyé en refusant de tomber dans l’hypocrisie. En offrant des scènes délirantes, l’auteur se permet une certaine complaisance à explorer ce délirium à travers une immense fiesta où touts les excès apparaissent, des excès plaisant à Octave mais qui ne l’empêcheront pas de prendre conscience des dérives présents dans cet univers.

Cela dit, rien de nouveau n’est proposé sur le fond et la forme. Si le film est plus agréable à regarder que les précédentes aventures d’Octave par Kounen, en raison d’une folie moins indigeste, dommage que le film tombe dans des effets de mise en scènes éculés jusqu’à la moelle (n’est pas « Fight Club » qui veut…) et sert un propos réjouissant sur les diktats des codes de la beauté (le film a la bonne idée de prendre un virement moins dramatique que 99 Francs) mais qui ne propose rien de concrètement neuf à l’horizon.

Beigbeder n’a cependant pas la prétention de faire un grand film sur les dangers de la mode mais a le mérite de faire passer un message simple et efficace sur son milieu de prédilection dans une satire légère et divertissante. Un divertissement « idéal » en soi…

Victor Van De Kadsye

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