La finance en France vue par Pascal Bonitzer et Christophe Barratier.

tout-de-suite-maintenant-pascal-bonitzer-critique1.jpg

Le monde de la finance semble avoir le vent en poupe dans le cinéma américain depuis la crise économique de 2008. Du documentaire « Inside Job » au culte « Loup de Wall Street« , en passant par les petites bombes « Margin Call » et « The Big Short« , touts ces succès semblent avoir donnés des idées à l’international. Ainsi, sont sortis ce mercredi 22 Juin, deux productions bien distincts sur cet univers : « Tout de suite maintenant » de Pascal Bonitzer et « L’Outsider » de Christophe Barratier.

Deux cas de figures se présentent à travers ces deux longs-métrages. D’abord, une branche du cinéma d’auteur reconnaissable par son austérité et ses clichés chez le film de Bonitzer, où se côtoient les têtes les plus célèbres du cinéma français (Isabelle Huppert, Lambert Wilson, Vincent Lacoste, Jean-Pierre Bacri et Agathe Bonitzer), et se présente ensuite le biopic annuel rempli d’ambitions dans le cinéma français chez Barratier, en s’attaquant à la vie tourmentée de Jérôme Kerviel au sein de la Société Générale. Et force est de constater que si ces deux films n’ont pas la même virulence que leurs récents pendants américains, faute à un réel manque d’audace formelle et critique, ils ont plus d’un tour dans leurs sacs pour susciter l’intérêt.

Racontant tout les deux l’ascension (périlleuse) de deux outsiders au sein du monde de la finance, ces oeuvres se distinguent par leur formalité et leur manière à raconter une histoire. « Tout de suite maintenant » nous embarque dans un univers froid et individualiste, ou personne n’est épargné, appuyé par une mise en scène consensuel dans le cinéma français actuel où les plans fixes et les couleurs froides contribuent à l’austérité de son milieu. Le casting cinq étoiles du film nous captive tout le long mais pourrait ressembler à n’importe quel autre film d’auteur français de ce genre. (En même temps, est-ce qu’on pourra se lasser un jour de voir Jean-Pierre Bacri jouer le bougon ? Je ne pense pas.)

outsider_a_0.jpg

Quant au film de Barratier, le film ne surprend pas quand on connaît l’histoire (en quelques lignes) de Jérôme Kerviel. Au lieu d’aller plus loin que ce que l’on sait déjà, comme Martin Scorsese avait pu le faire dans « Le Loup de Wall Street » pour raconter la vie de Jordan Belfort, on est guère captivés par les tourments amoureux et familiaux du jeune trader ambitieux. On sent les intentions ambitieuses du metteur en scène pour raconter cette descente aux enfers étalée sur plusieurs années, cette volonté de retranscrire une ambiance complètement folle et pleine d’avidité, mais au delà de ces intentions, on ne retrouve pas hélàs les résultats espérés.

Il serait trop facile de vous diriger directement vers des films comme « Margin Call » ou « The Big Short » (néanmoins, ce sont des immanquables !) plutôt que ces deux tentatives. Si vous êtes friands de drame social à la française avec des acteurs phares comme Lambert Wilson ou Isabelle Huppert, tournez vous vers le film de Bonitzer, et si vous êtes perdus dans l’affaire Kerviel, « L’outsider » s’avère un choix plus raisonnable. Des films qui manquent d’étincelles pour marquer mais qui ont le mérite de soulever les failles dans le monde de la finance.

Victor Van De Kadsye

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s