« The Strangers » : Voyage au bout de l’enfer.

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Le nouveau long-métrage de Na Hong-jin aurait pu porter le nom du célèbre film de Michael Cimino en raison de cette impressionnante descente aux enfers racontée. On se retrouve donc avec « The Strangers« , une enquête policière dérangeante qui laisse un impact assez fort des heures après la projection.

La vie d’un village coréen est bouleversée par une série de meurtres, aussi sauvages qu’inexpliqués, qui frappe au hasard la petite communauté rurale. La présence, récente, d’un vieil étranger qui vit en ermite dans les bois attise rumeurs et superstitions. Face à l’incompétence de la police pour trouver l’assassin ou une explication sensée, certains villageois demandent l’aide d’un chaman. Pour Jong-gu aussi , un policier dont la famille est directement menacée, il est de plus en plus évident que ces crimes ont un fondement surnaturel…

Au début, tout semble propice à une transposition sud-coréenne de « True Detective » : La Louisiane est donc remplacé par un village sud-coréen mais on retrouve toujours le flic alcoolique en doute, les crimes aussi étranges qu’abominables, la quête de témoins et de suspects ainsi qu’un ton totalement désabusé. Mais de durée assez longue (2h36), le film prend son temps (parfois trop) pour exposer cette enquête fascinante pour mieux nous surprendre en dérivant radicalement le polar vers le mysticisme horrifique.

Le mélange de genres s’opère à merveille, provoquant un effet de surprise constant chez le spectateur sans en aucun cas casser la structure du film. Il glisse constamment entre le polar (une enquête policière…) et le fantastique (… où se mêlent rites et possessions), auxquels s’ajoutent des traits horrifiques voire comiques, pour former une entité remplie de noirceur.

A l’instar d’un film comme « Rosemary’s Baby » de Polanski, « The Thing«  ou, plus récemment, « Les Huit Salopards » de Tarantino, « The Strangers » fait parti de ces films terrifiants où le Mal est un fléau invisible s’infiltrant chez n’importe qui, une grand-mère ou bien une figure d’autorité. La paranoïa s’installe avec l’effroi lorsqu’il se révèle là ou l’attend le moins. L’angoisse s’instaure  donc graduellement pour mieux nous achever sur une pure note de désespoir au vu du dénouement.

Aussi majestueux que sa durée, « The Strangers » est un film hors-du-commun. Basculant sans cesse nos doutes et nos repères afin de mieux nous achever. On quitte de la salle sonnée, terrifiée par la cruauté du film avec l’impression d’avoir vu un grand film qui risque d’être aussi culte qu’un OldBoy. On peut le dire, Na Hong-jin a signé un film qui fait « Mal« .

Victor Van De Kadsye

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