[Critique] – « Divines » – Houda Benyamina

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Caméra d’Or au Festival de Cannes, le premier long-métrage d’Houda Benyamina risque très fortement de se retrouver congratulé par la Palme des spectateurs et de la critique avec « Divines« , électrochoc surgissant de nulle part dont l’impertinence et sa sincérité ne sont pas sans rappeler un célèbre film de Mathieu Kassovitz sorti il y a 20 ans…

Dans un ghetto où se côtoient trafics et religion, Dounia a soif de pouvoir et de réussite. Soutenue par Maimouna, sa meilleure amie, elle décide de suivre les traces de Rebecca, une dealeuse respectée. Sa rencontre avec Djigui, un jeune danseur troublant de sensualité, va bouleverser son quotidien.

Préparez vous à vous accrocher à votre siège pendant 1h50 devant les coups de poings assénés par les cris de colère d’Houda Benyamina. « Divines » est indéniablement un film choc, dont la volonté de faire du cinéma et d’interroger son public est plus que palpable. Mais le film ne s’attitre pas uniquement à une « Haine » féministe et engagé.

Bien qu’il n’échappe pas à la comparaison cinématographique au film de Kassovitz, pour des traits contextuels et militants, cette histoire tragique se démarque du film-référence avec un talent indéniable. Alternant les genres, virevoltant entre des scènes de danses et la chronique sociale digne d’un Kechiche ou d’un Loach, entre le Requiem de Mozart et du pur égotrip français, Houda Benyamina pourrait être l’étendard du jeune cinéma français, un cinéma impulsif et impertinent où touts les moyens sont possibles pour raconter une histoire ou montrer un détail.

Cette histoire d’amitié et d’ambition nous laisse sans voix à l’issu de la projection, suscitant des exclamations et une flopée d’applaudissements lors de la venue de l’équipe. On est abasourdis par tant de vitalité, tant d’énergie déployée pour développer de tels ambitions artistiques et populaires sans concessions.

Le premier long-métrage d’Houda Benyamina risque de faire grandement parler de lui. Si le film assure une bonne compagne promotionnelle et un excellent bouche-à-oreille, on est pas loin de tenir la « Haine » des années 2010, un film qui tient ses promesses en tant que militant et objet cinématographique ambitieux.

Victor Van De Kadsye

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