[Critique] – « War Dogs » : Une satire factice sur la vente d’armes.

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La nouvelle mode des comédies américaines semblerait être celle de traiter des sujets socio-économiques sensibles sous forme quasi-documentaire avec un casting prestigieux et un soupçon d’humour. Martin Scorsese avait mit la raclée à tout le monde avec son culte « Loup de Wall Street« , Adam McKay avait poussé la barre très haute dans « The Big Short » l’an passé, c’est au tour maintenant de Todd Phillips que l’on avait quitté il y a trois ans après le ratage « Very Bad Trip 3 » pour parler de la vente d’armes de guerres dans « War Dogs« . Hélas, il n’est pas sûr que le film soit aussi sulfureux que son sujet…

Deux copains âgés d’une vingtaine d’années vivant à Miami Beach à l’époque de la guerre en Irak, profitent d’un dispositif méconnu du gouvernement fédéral, permettant à de petites entreprises de répondre à des appels d’offres de l’armée américaine. Si leurs débuts sont modestes, ils ne tardent pas à empocher de grosses sommes d’argent et à mener la grande vie. Mais les deux amis sont totalement dépassés par les événements lorsqu’ils décrochent un contrat de 300 millions de dollars destiné à armer les soldats afghans. Car, pour honorer leurs obligations, ils doivent entrer en contact avec des individus très peu recommandables… dont certains font partie du gouvernement américain…

On suit donc Jonah Hill et Miles Teller en jeunes opportunistes de la guerre en Irak, l’un profitant juste de l’ère Bush pour le plaisir de l’argent et l’autre pour subvenir aux besoins de sa future famille après plusieurs petits boulots. La relation entre ces deux personnages se révélera vite comme le sujet phare du film faute à une satire sous-exploitée sans réelle dénonciation. Le personnage de Hill nous fascine pour sa monstruosité ordinaire, parvenant à faire les pires crasses pour arriver à ses fins comme une sorte de Donnie Azzof plus psychotique. Ses actions hallucinantes, son rire oscillant entre un effet de peur et de comédie et son attitude vis-à-vis de son partenaire volent la vedette à l’ensemble du film. Teller, quant à lui, se contente juste d’être un personnage plus nuancé sur ses actions (en oubliant pas d’en profiter) servant de voix-off au film.

Pour le reste, on ne peut pas dire que Phillips se soit foulé dans l’écriture et la mise en scène. Reprenant les tics de ses précédents films, avec moments de défonce et tubes mythiques (Beastie BoysHaddaway ou une énième fois « Fortunate Son » de Creedance Clearwater), le film ne provoque aucune surprise et surtout, il passe à côté de ce qu’il veut dénoncer. Nous présentant uniquement les informations (car tiré d’une histoire vraie), il est regrettable que le film n’use pas de son arme cinématographique pour fusiller concrètement un véritable fléau autrement qu’avec des rares gags sur deux opportunistes faisant des ventes, allant même jusqu’à involontairement utiliser ce qu’il est censé dénoncer (l’armée américaine) comme étant un élément sauveteur à nos deux personnages principaux.

Séduisant par son duo d’acteurs impeccable, « War Dogs » n’a rien de la surcharge dénonciatrice qu’il aurait pu être au grand public. Effleurant de très peu son sujet, le film fat donc office de véritable pétard mouillé faisant passer le pourtant lourdaud « Lord of War » d’Andrew Niccol pour un chef d’oeuvre.

Victor Van De Kadsye

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