[Critique] – « Victoria » de Justine Triet : De la fraîcheur nécessaire en temps de canicule.

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Il était temps ! 2016 marque un grand coup dans le cadre du cinéma français populaire. « Divines » d’Houda Benyamina nous avait émerveillé par son impertinence visuelle et écrite tandis que « Ma Loute« , « Saint-Amour » et « La Loi de la Jungle » frappaient par leurs extravagances réconciliant tout type de public dans une salle de cinéma en mélangeant grand casting et marque d’auteur. Cette semaine, ce cinéma nous offre un film des plus contemporains et intelligents avec « Victoria« , nouveau film de Justine Triet (remarqué par la critique pour « La Bataille de Solférino« ), où Virginie Efira fait des merveilles devant la caméra.

Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime.  Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.

Il était temps de voir sur nos écrans une comédie française aussi aisément ancré dans notre époque, avec tout ce qui nous entoure technologiquement ainsi que dans les troubles sociaux. Justine Triet nous emmène dans la psyché confuse de notre héroïne éponyme, Victoria, perdue entre trouble sexuel et vie professionnelle houleuse. Fourmillant d’astuces de montage et de réalisation, la réalisatrice sait subtilement manier les ruptures de tons et les lois spatio-temporelles pour raconter le quotidien chaotique de ce personnage bouleversant.

Absurde par moments, grave à d’autres, « Victoria » est un film qui détonne par sa spontanéité. Le déraillement du personnage de Virginie Efira est aussi drôle que déchirant à observer, offrant de véritables moments de drames sans pour autant appartenir à un genre.

Oscillant perpétuellement entre l’humour et le drame, ce portrait nous prend par les tripes devant les états d’âmes d’une Virginie Efira extraordinaire, pouvant remporter le César haut-la-main, dans le rôle de cette avocate dépassée par les événements et ses proches. On retrouve Vincent Lacoste, qui après « Saint-Amour » marque définitivement sa fin de rôle d’ado stéréotypé si cher à ses débuts de carrière, ainsi que Melvil Poulpaud, dans un personnage aussi incertain et complexe pouvant apparaître comme une version plus adulte de son rôle de Gaspard dans le « Conte d’été » de Rohmer.

« Victoria » est un film aussi fort que son héroïne. Laissez vous emporter dans ce quotidien déboussolant et invraisemblable, proposant quelques moments de grâce. Le nouveau film de Justine Triet est une aventure qui rafraîchît en cette période de canicule.

Victor Van De Kadsye

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