« Where to invade next » : Guide de l’Europe par Michael Moore.

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Cela faisait bien longtemps que l’on avait pas retrouvé Michael Moore et ses portes ouvertes au cinéma. Après les armes et Georges W. Bush, le célèbre documentariste n’a pas encore fini de régler ses comptes avec des Etats-Unis plus violents et troublés que jamais. C’est donc parti pour une radiographie simpliste (mais aux bonnes idées) de deux heures vantant les bienfaits de l’Europe.

Réticents au style Moore, à  ses manipulations d’images pour mieux faire passer du pathos et des bons sentiments ? Passez votre chemin  ! Michael persiste toujours à user de son style sous différents registres, n’hésitant pas à provoquer du choc pour véhiculer un propos avec un manque de subtilité crispant. L’idée de réévaluer la politique des Etats-Unis en les comparant à d’autres pays est des plus bienvenues, toutefois, était-il vraiment nécessaire, pour que le spectateur comprenne que les prisons suédoises sont meilleures qu’aux USA, d’utiliser une reprise de « We are the world » avec des images de violences en prison par les gardiens ? Fallait-il vraiment répéter sévèrement à un père de famille endeuillé par la tuerie d’Anders Breivik en Norvège une question remettant en cause le système pénal norvégien ?

Ce côté « fourre-tout », cette insistance à appuyer une idée ou un discours, tout ce côté de la carrière de Moore énerve plus qu’autre chose mais impossible de haïr son film pour ces raisons. Parce que même si l’on peut doutait de la crédibilité de certains points (concernant la dépénalisation totale de la drogue au Portugal notamment), « Where to Invade Next » gomme les défauts de son auteur en offrant un vent d’optimiste qui fait chaud au coeur. Le documentariste offre un message de tolérance et de bienveillance, à une heure où l’on s’apprête à vivre des élections houleuses aux Etats-Unis et en France, qui met de bonne humeur malgré un agencement des thèmes bordéliques.

Ode au féminisme (superbe conclusion en Islande avec, inévitablement, le thème de « Dancer in The Dark » composé par Björk) et à l’éducation, « Where To Invade Next » est un film problématique dans son formalisme mais qui efface ses erreurs par une bienveillance instructrice nécessaire et accessible à un très large public (comme en témoigne le monde présent dans une grande salle commerciale lilloise). Un « feel-good documentary » rejoignant donc la tendance après « Demain » et « Merci Patron !« .

Victor Van De Kadsye

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