« Le Ciel Attendra » : Un spot gouvernemental signé Marie-Castille Mention-Schaar.

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Impossible de nier ce fait, le terrorisme est définitivement devenu l’un des sujets les plus tabous au cinéma. Le manque de considération des médias (non spécialisés) et du public à l’égard d’un film comme « Nocturama » ou la censure du documentaire « Salafistes » en raison de leurs éléments sensibles suffisent à penser que le terrorisme effraie même sur un écran de cinéma. Pour qu’un film sur le terrorisme puisse susciter l’engouement et les applaudissements du public, faudra-t’il qu’il soit aussi consensuel et à côté de la plaque que « Le Ciel Attendra » ? Ne l’espérons pas…

Vous vous souvenez des témoignages de parents d’enfants partis au djihad diffusés donnant une ambiance de malaise quand on allait voir un film comme « Hôtel Transylvanie 2 » au cinéma (histoire vécue) ? Imaginez-vous subir cela pendant un peu moins de deux heures, vous verrez que le malaise sera constamment présent.

A la différence d’un spot préventif/publicitaire, dont le message doit être simple et concis en un court laps de temps, un film se doit quant à lui d’user de ses matériaux cinématographiques pour passer un propos de manière plus subtil. Ce film sur l’embrigadement d’adolescentes mériterait plus d’avoir sa place sur une chaîne du service public plutôt que dans une salle du cinéma. Mention-Scharr ne parvient pas à maîtriser son sujet comme ses outils de base et cela malgré un sujet aussi complexe qu’intéressant à traiter.

Ce serait de mauvaise foi de nier l’émotion que l’histoire du film aurait pu transmettre au public. Alternant entre plusieurs histoires, montrant cause et conséquence de cet embrigadement, on aurait pu assister à un drame coup de poing et bouleversant sauf qu’il en est rien. Accumulant des amalgames des plus grossières peu nécessaires en ce climat tendu, une surcharge de pathos et un traitement convenu, le film ne se révélera n’être qu’une campagne fade et impersonnel pour un propos simple. Les seuls efforts de mise-en-scène servent juste à appuyer des clichés vraiment honteux en 2016 (Insistement en gros plan sur le nom du prédateur, appelé « Medhi ») et des caméos gênants (je transmets mes salutations à Yvan Attal).

Lecture simpliste d’un sujet plus complexe que ça, « Le Ciel attendra » gêne et aurait mérité un traitement plus subtil que son résultat final. Au lieu de dépenser pour un ticket, rabattez vous sur un film qui maîtrise mieux ce sujet avec une force cinématographique hors-norme et dérangeante : « We are Four Lions » de Chris Morris.

Victor Van De Kadsye

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