« La Danseuse » : Soko impeccable dans un biopic imparfait sur Loïe Fuller.

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Film-polémique dû à l’avant-première lilloise ( Voir l’article de Médiapart ici), le biopic sur la danseuse Loïe Fuller par Stéphanie Di Giusto est sorti sur nos écrans ce mercredi. Biopic aux grandes ambitions, avec un casting éclectique et la photographie de Benoît Debie (ayant déjà collaboré avec Harmony KorineGaspar Noé et Nicolas Winding Refn, s’il vous plaît), il est assez stupéfiant de voir le film retombé comme un soufflé dans un certain académisme conventionnel malgré quelques moments de grâce.

Le contrat n’est pas rempli : Partant du principe que le film est issu du genre du biopic, donc à raconter l’histoire vraie de Loïe Fuller et ses danses serpentines, il fût assez embarrassant d’apprendre à l’issue de la projection qu’une partie du film était entièrement fictive. Si le parcours de la vie d’actrice est correctement racontée sous une forme passionnante et romanesque, on se demande alors l’intérêt qu’à l’histoire de traiter une romance hétérosexuelle inventée de toute pièce et n’apportant pas réellement grand chose à la vie d’artiste de l’héroïne.

Mis à part cela, le film gâche son intérêt pour la vie d’artiste de Loïe Fuller tant les ficelles du genre usées jusqu’à la moelle apporte un sentiment d’artificialité à ce que le film raconte. La rencontre avec Isabella Duncan, la chute désastreuse, les galères de débuts de carrières : On ne pourrait pas reprocher ces événements à la vie de Fuller mais dans le cadre d’un film, l’académisme et l’assemblement classique de ces faits font de tristes contrepoints face à des moments de grâce lors des scènes de danse merveilleusement chorégraphiés sous les couleurs flamboyantes dû à la photographie de Benoît Debie.

Le travail de Soko, en personnage forte et tenace pour lutter dans ce milieu aussi imprévisible que rude qu’est le monde de spectacle, époustoufle le spectateur tandis que le personnage Lily-Rose Depp prend possession de l’actrice commençant à certains moments à voler la vedette à sa partenaire de jeu.

Stéphanie Di Giustio signe avec ce biopic un film aussi trouble que son personnage principal. Perdu entre moments sublimes et d’autres plus plan-plan, prenant des directions traîtres à la réalité, le film donnerait la sensation de se retrouver devant un objet hybride vite rattrapé par ses défauts. « La Danseuse » est donc un film comme son héroïne, qui s’envolerait avec grâce pour mieux se fracasser sur le sol.

Victor Van De Kadsye

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