« Le Teckel » : Le retour du ton « mordant » de Todd Solondz.

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Il n’avait pas torpillé les salles obscures de sa cruelle misanthropie depuis quatre ans, le réalisateur indépendant Todd Solondz revient nous hanter avec son nouveau film : « Le Teckel« , où comment un chien-saucisse va accompagner différents personnages névrosés à plusieurs étapes entre la vie et la mort. Si la noirceur habituelle au cinéaste est encore de rigueur, Solondz signe ici son film aussi bien le plus doux que le plus accessible au grand public.

De la vie d’un petit garçon survivant du cancer à une vielle dame (joué par Ellen Burstyn) mourante, ce teckel nommé par diverses surnoms, allant de « Cancer » à « Petite crotte » nous fait promener dans un cycle de vie « Solondzien » par segments, où l’on y trouve que désillusions,  pertes d’innocences et diverses névroses. Un film typique du réalisateur en somme, sauf que cette fois-ci, l’auteur de films comme « Happiness » ou « Storytelling » surprend à éclaircir son humeur radical d’une certaine beauté. Très dévoré par le sujet de la mort, le film offre à ses personnages névrosés différentes sources d’échappements à ce fatalisme. En premier lieu, ce fameux teckel qui apporte de la joie chez ses maîtres ou, en second plan, une éventuelle romance ou une échappée plus criminelle.

Comme d’habitude chez Solondz, on adore voir une galerie d’acteurs, employés ici à contre-emploi. Après John Goodman ou Phillip Seymour Hoffman, c’est au tour de Greta Gerwig (reprenant ici le rôle de Dawn Wiener, sorte d’Antoine Doinel Solondzien depuis Bienvenue dans l’âge ingrat.), Danny De Vito ou Julie Delpy en mère névrosé (quelqu’un a entendu pléonasme ?) de s’en donner à coeur joie chez le metteur-en-scène. Une petite incompréhension s’impose cependant quand on sait que Brie Larson a été coupé au montage du film…

Pour ce nouveau film, Solondz signe une nouvelle oeuvre radicale, non plus dans le sens de la provocation malgré quelques envolées scatophiles mais dans celui-là d’une douce mélancolie qui s’interpose dans la vie de nos héros. Pour cela, c’est un coup de coeur d’apprécier aussi subitement une oeuvre de ce metteur-en-scène si réputé pour son ton si extrêmement misanthrope. En guise de conclusion, il serait juste de dire que nous adoptions ce Teckel.

Victor Van De Kadsye

P.S : Je défie quiconque ayant vu le film d’oublier la chanson glorifiant le Teckel en plein entracte…

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