« Tu ne tueras point » : L’instinct de sauvetage.

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Un retour en grâce hollywoodien qui fait plaisir, voici ce qu’est en premier lieu « Tu ne tueras point« , nouveau long-métrage du réalisateur/acteur Mel Gibson. Après une traversée du déserte éprouvante, Gibson est de retour pour un film de guerre risquant de faire date dans le genre : « Tu ne tueras point« , véritable film humaniste ancrée dans l’ultra-violence de la guerre.

Comme un biopic « classique », la première partie de ce long-métrage laisse écouler les ingrédients d’un film de ce genre. La mention « Tiré d’une histoire vraie » apparaît immédiatement et laisse place à une reconstitution de l’Amérique des années 40 plus que fidèle  (jolie allusion au film de propagande « Prelude to War » de Capra par ailleurs). La vie de Desmond Doss nous est raconté, dans un calme plutôt attendrissant malgré les coups durs familiaux présentant ainsi l’idéalisme candide du héros, celui-ci joué par un Andrew Garfield convaincant. Mais tel le héros éponyme de Voltaire, il était donc inévitable que l’idéalisme se retrouve salement confronté à un monde en véritable désarroi, surtout quand on est dans un film de Mel Gibson.

La guerre est sale et imprévisible, cette idée a probablement servi de manthra au réalisateur comme en témoigne l’extrême-violence de son imagerie, propre à la marque visuelle des films de GibsonMel met en scène la guerre de la manière la plus frontale et graphique possible et ça fait mal, ça fait extrêmement mal même. Dès les premiers instants de la bataille d’Hacksaw Ridge (titre original du film), une sensation de nausée s’installe et étourdit le spectateur. La bataille nous est proposé sous la forme la plus frontale possible avec des effets gores réalistes difficiles à regarder pour les spectateurs les plus sensibles.

Ce qui vient équilibrer ces deux parties bien séparés (pouvant rappeler la structure narrative déshumanisante du « Full Metal Jacket » de Kubrick), c’est le parcours de foi de ce soldat Doss. Croyant de bout en bout à ses convictions pacifistes, en dépit des brimades de ses supérieurs (mentions spéciales aux surprenants Vince Vaughn et Sam Worthington) et ses compagnons de guerre, ce jeune soldat trouvera constamment sa force en la foi pour surmonter ses erreurs et surpasser sa volonté d’aider ses camardes. La peur de se retrouver devant un préchi-précha christique s’envole immédiatement par la force qu’a Gibson de nous faire comprendre que le film raconte le parcours de vie d’un personnage avec ses propres convictions afin d’amener un élan d’humanisme dans le monde de l’horreur.

« Tu ne tueras point » est une oeuvre remarquable dans le cinéma hollywoodien actuel, truffé de moments de « bravoures » (à comprendre dans touts les sens du terme) et véritable étendard d’une attitude humaniste à adopter en ces temps troubles. Une oeuvre aussi rédemptrice que réussie pour son réalisateur.

Victor Van De Kadsye

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