« Nocturnal Animals » : La lecture sublime et dérangeante d’un roman.

22-nocturnal-animals-adams.w1200.h630.jpg

2017, nouvelle année de découvertes cinématographiques alléchantes, démarre de manière spectaculaire par un numéro de danse inoubliable. Sept ans après son premier coup d’éclat, « A Single Man« , Tom Ford revient derrière la caméra avec une oeuvre troublante et fascinante, « Nocturnal Animals« , où quand lire un roman devient une expérience dérangeante.

Ecrire une fiction inspirée de son passé peut causer tort à autrui, l’une des histoires contés dans « Nocturnal Animals » explore cette idée par cette vengeance littéraire apportée par Jake Gyllenhall à Amy Adams en racontant cinématographiquement l’une des choses les plus simples au monde : L’expérience de lire un livre.

La présentation  d’un monde artistique oscillant entre le chic et le vulgaire s’instaure calmement, avec ses coups bas, pour mieux nous basculer dans un monde radicalement opposé grâce à ce roman : Le désert texan perdu avec son nombre d’habitants restreint et ses jeunes dégénérés. Au fur et à mesure que la lecture se fait, un malaise s’installe progressivement. D’une part pour le spectateur, troublé de voir une famille se faire malmenée par une bande de Droogies du Sud profond mené par un Aaron Taylor-Johnsson terrifiant, mais d’autre part pour le personnage d’Amy Adams, dont le metteur-en-scène va vite nous faire comprendre les liens se tissant entre son passé et cet ouvrage, écrit initialement comme une fiction.

« Nocturnal Animals » prend alors le virage d’un récit à plusieurs couches où la complexité du montage oscille entre souvenirs, vie au présent et la diégèse du roman, faisant vivre une expérience à la limite du cauchemar pour Amy Adams. Le film devient très rapidement envoûtant, nous étonnant même par l’apparition de son générique de fin tant cette histoire fascine. Les plusieurs couches de ce premier OFNI de l’année nous captivent, traitant plusieurs thèmes s’imbriquant parfaitement entre eux. Ford nous présente un monde qu’il connaît plus que bien, celui de l’art et ses multiples facettes où le sublime vient côtoyer le grotesque. Ce qui résonne admirablement dans l’histoire écrite par le personnage de Jake Gyllenhall, d’un ton extrêmement cru et cradingue, mené par un Michael Shannon volant définitivement la vedette à chacun de ses apparitions en shérif texan n’ayant aucune limite. De toute manière, tout le casting de ce film relève du génie, le duo Jake Gylenhall/Amy Adams bouleverse tandis qu’on a un malin plaisir à relever les apparitions de Michael SheenJena Malone ou Armie Hammer.

Tom Ford est considéré comme un génie de la mode, il risque d’être très vite considéré comme un génie du septième art avec ses deux longs-métrages. « Nocturnal Animals » démarre l’année de manière flamboyante, explosant nos sens et nos émotions dans une spirale hypnotique inoubliable. Premier film de l’année 2017, premier grand film.

Victor Van De Kadsye

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s