« La La Land »: Un film en chant et enchanté.

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Tout le monde a un rêve : Devenir pompier, gagner au Loto, être une rock-star reconnue dans le monde entier ou vivre éternellement avec son partenaire. Mia veut devenir comédienne et Sebastian souhaite garder vivant le Jazz en ouvrant son propre club. Ces deux personnages vont apprendre ce qu’est de vivre un rêve avec ses compromis dans le chef d’oeuvre (osons le dire tout de suite) de Damien Chazelle, oeuvre triomphale pour le réalisateur et triomphant aux cérémonies.

Le désenchantement vivant de Los Angeles est un thème récurrent dans le cinéma américain contemporain. Considéré comme le meilleur film de la décennie 2000 pour beaucoup, « Mulholland Drive » est sans aucun doute l’oeuvre la plus impressionnante à ce sujet. Vivre un rêve émerveillé, où tout n’est qu’illusion, fiction et paillettes, pour se réveiller dans une réalité cauchemardesque et coupable, tel était le mojo pour résumer Hollywood à cette époque. « The Neon Demon« , sorti l’année dernière, reprenait aussi ce virage horrifique dans le monde de la mode avec cette beauté personnifié subissant jalousie et cannibalisme. « La La Land » est un film radicalement différent de la posture d’un Lynch, Chazelle préférant le ton du merveilleux issu de la comédie musicale pour évoquer avec bienveillance la dureté et les compromis du rêve hollywoodien.

Sous une entrée hallucinante avec ce trafic routier embouteillé et musicalement spectaculaire faisant pâlir le célèbre travelling de Godard le temps d’un « Week-end« , on entre dans un monde où le Rêve, rêve professionnel ou rêves émerveillés empruntant les codes de la comédie musicale, sert à grandir ses protagonistes entre compromis, possibles gloire et craintes. Le cinéma, la musique ou le théâtre (auquel peut se rajouter la littérature), ces trois médiums artistiques sont autant d’échappés à une réalité parfois dure, auxquelles aiment se retrouver ce couple attachant, confrontés aux conflits et aux déceptions.

Le geste cinématographique de Damien Chazelle illumine ces moments d’insécurités et contre-balance les tendances les plus cyniques en évitant de plonger les personnages plus bas que terre. Le cinéaste prouve qu’après un premier coup de maître comme « Whiplash« , il est définitivement un maître pour transcender la musique sous l’optique du 7ème art. Sans jamais copier ses maîtres d’influences, de Demy à MinelliChazelle reste dans la même ligne droite que son précédent film : Filmer l’effort artistique et la relation corps/création avec un montage méticuleux coupé aux petits soins.

Mais comme les films de Stanley Donen étaient aussi célèbres pour la présence de Fred Astaire ou Audrey HepburnChazelle fait aussi mener son film par un magnifique duo d’écran : Ryan Gosling et Emma Stone. Pas la peine de rappeler l’inégalable talent de ces deux comédiens mais « La La Land » utilise avec brio le charme et les vulnérabilités d’eux deux, fonctionnant avec une alchimie prodigieuse et des backgrounds très identifiables. Un plaisir aussi à retrouver J.K Simmons

Parfait sur touts ses aspects, « La La Land » est un classique instantané. Un moment d’évasion, ode au rêve et au cinéma et à la musique, arts rendant plus facile les rêves et ses compromis. On en ressort avec un sourire mélancolique, triste de devoir quitter un instant de rêve si envoûtant…

Victor Van De Kadsye

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