[Critique] « Chez Nous » – Lucas Belvaux

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Chez Nous – Lucas Belvaux – Le Pacte

Le nouveau film de Lucas Belvaux, auteur des sublimes « 38 Témoins » et « Pas son genre« , continue son tracé d’études sociologiques avec « Chez Nous« , film précédé d’une trace polémique quant à son sujet évoquant le Front National. Tristesse cependant de constater que Belvaux se vautre dans la caricature de son cinéma et dans celle de ce qu’il vise : L’électorat d’extrême-droite.

Faussement excusé par l’objectivité de la caméra de Belvaux, celui-ci voulant donner l’impression de ne pas vouloir à ce qu’on juge les protagonistes, « Chez Nous » se plante complètement dans sa volonté à créer un kaléidoscope de personnages gravitant autour d’Emilie Duquenne, seule maillon forte du film dans le rôle de cette jeune femme instrumentalisé dans touts ses faits et gestes.

Autour d’elle gravitent différents archétypes stéréotypés que l’on pourrait retrouver dans tout mauvais drame sur les extrêmes politiques : Le compagnon néo-nazi à en faire rougir Alain Soral (formidable Guillaume Gouix, seul personnage dont l’ambiguïté laisse place à la haine et la tendresse), la meilleure amie de l’héroïne au racisme décomplexé, l’amie bobo pacifique mais grande gueule, le père communiste se sentant « trahi » par sa fille et bien sûr, la pastiche de Marine Le Pen sur les traits de Catherine JacobBelvaux n’a certainement pas dû prendre conscience de la gravité d’avoir laissé passer de tels clichés, donnant l’impression de voir la rhétorique anti-Trump qui ne laissait jamais place à l’écoute de ses partisans mais a pourtant pas empêché sa place à la Maison Blanche…

Car pour un film se présentant comme ayant pour l’une de ses volontés de traiter le sujet de l’extrême-droite, il se montre rapidement très inoffensif et peu utile à la réflexion quant à ce thème sensible. Il contentera la pensée anti-F.N, qui n’aura rien de nouveau à penser sur ce parti, et ne fera pas changer d’avis l’électorat de l’extrême-droite qui ne se retrouvera pas dans cette image caricaturale donnée. Il est évident que la mécanique de « Chez Nous » est de notamment dévoiler l’instrumentalisation que l’on peut faire d’une personne lambda pour donner une image d’un parti, toutefois, il est navrant de voir une mode de pensée si lisse de la part de cet auteur autrefois plus intéressant.

En privilégiant la chronique de vie intimiste à l’enjeu politique important, « Chez Nous » rate son envol et n’est pas le brûlot qu’il aurait pu et aurait dû être. Un film qui risque pas de vous poser des questions sur ce que vous comptiez glisser à l’urne électorale.

Victor Van De Kadsye

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