« Seuls » : Une tentative d’adaptation et de cinéma de genre.

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Adaptée de la bande dessinée éponyme écrite par Fabien Vehlmann et dessinée par Bruno Gazzoti, Seuls nous entraîne dans un monde où les enfants sont livrés à eux-mêmes dans un monde où tout le monde a disparu. Imaginez une bande dessinée avec l’ambiance d’un Walking Dead (la bande dessinée) avec des graphismes à la Cédric, Titeuf ou encore Le Marsupilami. Ce paradoxe, qui s’éloigne des codes du genre, est très intéressant et très bien trouvé. Dès lors une adaptation en film paraissait très risquée, surtout en France où le cinéma de genre peine à décoller. Et c’est à David Moreau, réalisateur de The Eye et Ils, que revient la lourde tâche de réaliser ce film fantastique qui n’est, pour le coup, pas son premier coup d’essai.

Leïla, 16 ans, se réveille en retard comme tous les matins. Sauf qu’aujourd’hui, il n’y a personne pour la presser. Où sont ses parents? Elle prend son vélo et traverse son quartier, vide. Tout le monde a disparu. Se pensant l’unique survivante d’une catastrophe inexpliquée, elle finit par croiser quatre autres jeunes: Dodji, Yvan, Camille et Terry. Ensemble, ils vont tenter de comprendre ce qui est arrivé, apprendre à survivre dans leur monde devenu hostile… Mais sont-ils vraiment seuls?

La volonté de faire du cinéma de genre est tout à fait louable. Néanmoins David Moreau choisit de s’éloigner le plus possible de la BD pour proposer quelque chose vide de sens et de rebondissements ressemblant plus au film Le Labyrinthe qu’a du Walking Dead. Premier changement flagrant : les enfants âgés de 5 à 12 ans ont laissé place à des adolescents de 15 à 20 ans, détruisant un élément essentiel du support de base. Les acteurs jouent plutôt bien des rôles d’adolescents soit ultra-lourds, ambigu pour ne pas dire schizophrène, ou clairement en manque de profondeur. Le méchant n’est pas la moitié du Hitler-junior qu’il devrait être, ressemblant plutôt à un Heath Ledger raciste.

La photographie est clairement tournée vers du sombre avec des teintes grisâtres, rappelant New York 1997 de John Carpenter ou Blade Runner de Ridley Scott. Encore une fois on est loin des graphismes de la bande-dessinée. Du fait, la réalisation est très soignée mais n’apporte vraiment rien de très original par rapport aux Survival-horror américains pour jeunes actuels. D’une durée de 1h30 on s’ennuie devant ce film plat qui ne décolle jamais vraiment tant il galère à rebondir, et tant il gère mal ses sous intrigues pour terminer avec une fin totalement incompréhensible et incohérente.

Le cinéma de genre en France n’est pas encore réveillé et Seuls n’est qu’une piètre tentative de faire comme nos voisins Outre-Atlantique sans rien apporter de nouveaux et trahissant le support d’origine jusque dans les bases. Ce film ne plaira ni aux fans ni aux non-fans de la BD qui souhaitaient la découvrir. Lisez la BD, c’est plus conseillé.

Léo Tyran

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