« Logan » de James Mangold, maquillé comme un carré d’as.

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Cette vague cinématographique sur les super-héros ne cesse d’avancer d’année en année nous proposant toujours cette même recette révélant de mal en pis la faiblesse d’un “mouvement” désuet qui érige l’autel de la médiocrité. Une espèce de leitmotiv sur le postulat du film fast-food fait pour gaver son auditoire et qui promet à la fin de chaque post-générique que la suite sera soit disant bien meilleure. Faute d’avoir la ferveur de l’intégralité du public, les films de super-héros ont au moins leurs présences (la nuance est à prendre en compte). Pourtant, il y a une carte que jouent parfois les studios pour nous faire croire à un renouveau, la fameuse carte du “plus sombre”, cet atout qui doit rivaliser face aux blagues et jeux de mots dévorants à chaque fois l’impact des scènes pour l’aseptiser un maximum ou pour la rendre plus “fun”. C’est dans ce ton plus sombre, plus mature que James Mangold veut encrer Logan après la tentative ratée qu’était Wolverine : le combat de l’immortel qui faisait suite à X-men 3, un film oubliable jalonné entre intrigues bidons, romance sortie de nul part et un Silver Samouraï gonflé au Megazord offrant tout de même une séquence assez picturale et bien pensée (la séquence du clan des Black Ninja). Mais trêve de bavardage, intéressons-nous plutôt à Logan puisqu’ici, on se focalise sur la nouvelle timeline (de First Class à Apocalypse) et par cela oubliant tout autre films X-men antérieur.

[Attention aux spoilers, chers lecteurs !]

Ce long-métrage s’articule sur l’héritage, une sorte de passation de pouvoir entre Logan et Laura Kinney/ X-23 (incarné par la jeune Dafné Keen) qui ne cesse de jalonner le film avec le rapport à la violence et à la mort qui est instauré tel une épée de Damoclès au-dessus de notre cher mutant à griffe. Pour autant, on sent s’accumuler une montagne de défauts et cette sensation viscérale n’est que de courte durée, la première partie n’est pas à jeter, assez vague sur ce qu’il se passe, James Mangold nous force à regarder avec une certaine amertume l’avenir des mutants et cela se prolonge donnant l’impression d’un renouveau cinématographique. Un côté plus intimiste, plus chaotique et plus profond, mais ce n’est qu’une impression, le film ne fait qu’effleurer cette opportunité dans chaque scène et n’offre en réalité qu’une hybridation mal formée entre l’intimiste et le gros budget bien crado. Tout de même, on sent cette envie et certaines idées bien pensées comme les faux comics X-Men qu’on peut apercevoir dans le récit afin de créer une espèce de narration dans la narration déjà existante, une sorte de “background” qui est malheureusement utilisée à outrance pour servir un suspense qu’on voit gros comme une maison. De plus, le rapport à la mort ne nous affecte pas puisque la timeline de la FOX est aussi déconstruite et mal cousue qu’un cardigan brodé par un aveugle alors voir Charles Xavier qui meurt (encore !) n’apporte aucune émotion, seul son aliénation crée cela. Ensuite, la mort de Hugh Jackman est annoncé depuis le début, on sait qu’il va disparaître donc pareil, mais on peut noter que le fait qu’il se déplace mutique avec toutes ces cicatrices sur le corps est un point intéressant.

Cependant, la seconde partie pose problème, car le film comme dit précédemment veut faire doublon à la fois nous montrer la rédemption de Wolverine et nous transmettre un héritage donc X-23 mais aucun des deux personnages ne changent. Logan n’attend que la mort et X-23 n’attend que de fuir et d’être avec les autres petits mutants. La seconde partie jusqu’à la fin s’approche plus du pitoyable voir même nanardesque que du réellement émouvant. Les antagonistes sont dignes d’un épisode d’Arabesque, leur cause est simpliste, la plupart sont là pour parler et dévoiler leur plan “machiavélique” mais n’agissent jamais et le “Wolverine des méchants” est simplement l’idée la plus navrante qu’on peut voir au cinéma. Le film veut également nous faire croire à cette pseudo-bestialité de Logan, mais les scènes où ils grognent sont particulièrement ridicules et faut signaler que l’univers est plus sombre et “mature” mais le personnage de Wolverine depuis quelques années n’a jamais changé, il a toujours été torturé, c’est sa fonction en temps qu’immortel qui veut à tout prix devenir mortel pour enfin mourir. Éclipser le passé fait tout de même une bonne excuse pour cacher la misère de la timeline, mais là tout est flou mais bien trop flou, mal fichu ou parfois raconter via des dialogues.. Le film est finalement une redite de tous les autres opus, un medley, une compilation des défauts précédent mais avec un tournant plus sombre et cela ne fonctionne pas du tout, c’est un univers soit bien trop exploité via une multitude de films qui se renvoient la balle sans jamais sortir du lot soit exploité par des réalisateurs qui ne valent rien mais on peut se dire que c’est l’intention qui compte.

Logan est une énième tentative ratée, une chrysalide dont on porte une certaine curiosité par sa noirceur et sa violence mais qui au final se retrouve creuse. Peut-être que certains seront émus de voir cette fantastique histoire d’un chauffeur Uber tourmenté par la vie et un univers inspiré du comics Old Man Logan bâclé par un réalisateur qui n’arrive jamais à rendre cohérent son univers cinématographique voir même pire qui ne peut que s’inspirer grossièrement au lieu de créer.

Antoine Dubuis

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