« L’autre côté de l’espoir » : Rendre l’humanité encore meilleure.

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L’autre côté de l’espoir – Aki Kaurismaki – Diaphana Films

Drôle d’époque auquel nous vivons tous actuellement. Donald Trump siège à la Maison Blanche et a provoqué un certain temps le Muslim Ban, l’Alt-Right devient de plus en plus décomplexé et on risque de reproduire les mêmes erreurs en France. En attendant une contestation politique efficace, contemplons la chaleur humaine au sein de la froideur législative nordique dans cette légèreté nécessaire d’Aki Kaurismaki.

A première vue, « L’autre côté de l’espoir » donnerait l’impression de se retrouver face à un film de Roy Anderson. Une imagerie froide tout droit venu des pays scandinaves avec des figures atypiques pouvant laisser croire à un désespoir assez anxiogène. Fort heureusement, le film envoie valser ce cynisme poignant avec une simple rencontre absurde (partie d’un échange de coups) réchauffant les coeurs et la température.

Khaled est un immigré syrien échappant à la barbarie du conflit géopolitique. Whikström est un finlandais bougon voulant refaire sa vie après un divorce. Tandis que l’un se retrouve piégé dans un engrenage hostile peu enclin à l’intégration (demande de papiers refusée, altercations avec groupuscules d’extrême-droite, etc…), avec un espoir conservé, l’autre commence sa nouvelle vie en entreprenant la direction d’un restaurant au chiffre d’affaire difficile. La rencontre de ces deux êtres humains, au détour pourtant d’une bagarre, créera une parfaite leçon de vie sur l’échange et l’écoute, deux éléments simples mais qui réveilleront la chaleur au sein d’une société plutôt morose. Une ouverture d’esprit au monde grandissant tout le long, par le recrutement au travail de ce jeune migrant ou la volonté d’ouvrir le restaurant à toutes nationalités lors d’une hilarante scène à base de sushi.

Auréolé de l’Ours du Meilleur Réalisateur par la présidence de Paul Verhoeven au dernier Fesitval de Berlin, Kaurismaki réchauffe son univers par la bienveillance de son message (pourtant raconté avec une tournure scénaristique pas forcément niaise, comme le prouve la fin) mais aussi par l’esthétique de son image, donnant ainsi un côté proche de la bande-dessiné à ses personnages par ces traits et costumes grossis par les couleurs et des costumes particuliers sans jamais tomber dans la caricature.

« L’autre côté de l’espoir » est comme une sucrerie : Simple à déguster d’un seul coup mais son goût si délicieux et bienveillant reste avec un plaisir inoubliable. Kaurismaki prouve qu’avec une force cinématographique efficace, un discours pouvait être simple mais terriblement réconfortant. Un excellent film qui donne l’envie d’aider son prochain.

Victor Van De Kadsye

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