« The Lost city of Z » : Take me down to the paradise city.

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Rendez-vous en terrain connu chez le ô grand sous-estimé réalisateur James Gray. Pour sa nouvelle fresque historique, après son sublime mélo « The Immigrant » dans le New-York des années 20, le metteur-en-scène renoue avec l’Histoire et ses thématiques de prédilections pour une épopée classieuse mais énigmatique dans la jungle tropicale.

« The Lost City of Z » est un film difficile à prendre simplement au premier plan : Sous son air de véritable film d’aventure, plongée métaphysique vers une exploration mystérieuse mais parfois dangereuse, se cache un puissant drame sur le dépassement existentiel de l’Homme ainsi que les sacrifices qu’ils en coûtent (ici, comme dans chaque film de l’auteur, les relations familiales). Une nouvelle fois, la famille est un élément essentiel au sein de ce drame signé Gray. Après la tourmente morale de « La nuit nous appartient » où deux frères prenent des voies morales séparés, la tentative d’émancipation de Joaquin Phoenix dans « Two Lovers » et la quête d’une immigrante polonaise à la recherche de sa soeur dans « The Immigrant« , le réalisateur signe avant tout l’histoire vibrante du colonel Percival Fawcett (joué par Charlie Humman), jeune outsider de l’armée britannique ayant la volonté de récupérer la notoriété de son nom après la déchéance de son père. Une volonté qui aura des répercussions envers sa descendance, notamment avec son fils aîné joué par Tom Holland. La Famille ne cesse donc jamais de poursuivre ses personnages et le cinéma de Grey, traitant continuellement ce sujet.

De ce postulat de départ s’ensuit alors une épopée aussi fascinante qu’effrayante. Le spectateur se retrouve ainsi dans cette équipe d’explorateurs attirés, ouverts vaillants mais parfois répugnés ou terrorisés par les coutumes et les tragédies de la vie. A l’instar des classiques impressionnants des années 70 comme « Apocalypse Now » de Coppola (dont son spectre n’aura jamais quitté le réalisateur) ou « Aguirre – La colère des dieux » de Werner Herzog (si vous ne l’avez pas vu, c’est définitivement un immanquable), , « The Lost City of Z » possède une seconde phase plus réflexive sur la quête d’un paradis perdu, d’un paradis que l’Homme ne cessera jamais de rechercher au fil de sa vie afin de trouver des réponses ou un sens à son existence. Les personnages de Fawcett et Costin (remarquable Robert Pattinson, complètement métamorphosé) apparaissent tout le long comme des figures inachevées mais déterminées, leur but absolu étant de trouver la réponse qui n’a jamais pu être trouvée (la fameuse cité de « Z »). Rattrapé par l’hostilité naturelle et politique, leur projet coupé par la Première Guerre Mondiale, le dépassement de ces explorateurs nous questionne éternellement sur ce dont l’homme peut être capable, sans toutefois atteindre cette fois-ci le stade de la folie.

Une épopée parfois écorchée par son rythme, on ressent bien les 2h20, « The Lost City of Z » est une merveille de plus dans la continuité du réalisateur. D’abord construit sur un drame sur les dilemmes familiaux pour mieux approcher le film d’aventure (ou inversement, selon ce que vous voyez), cette puissante fresque est appuyée par la grâce de la photographie de Darius Khondji. Une image photographiant magistralement son époque sous son ton sépia, proposant un sublime jeu de lumière rempli de contrastes. Le cinéma américain a donc encore besoin de James Gray pour proposer un classicisme épuré mais toujours bouleversant.

Victor Van De Kadsye

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