« Power Rangers » : Le pouvoir du ridicule.

« Go ! Go ! Power Rangers ! » , « Ensemble pour vaincre ! » , « La victoire est à nous ! » , comment critiquer un phénomène comme les Power Rangers ? Cela fait bientôt 30 ans que ces super-héros de toutes les couleurs combattent des super-méchants pour sauver la Terre. Aidés à chaque fois de leurs armes et leurs robots en plastique, cette série ne cesse de se renouveler tous les ans : Nouveaux castings pour de nouveaux personnages pour une nouvelle histoire mais à chaque fois avec les mêmes fils rouges.

Cinq adolescents, trois garçons, deux filles, très souvent d’éthnies différentes, revêtent des costumes de couleurs primaires, deviennent de super-guerriers, armés de jouets en plastiques pour combattre un grand méchant figurant en costume de méchant tout droit sorti de Disneyland. Les guerriers détruisent le monstre, mais le monstre ressuscite en encore plus grand, ce qui force les guerriers à sortir leurs animaux ou voitures géantes, qui vont se combiner pour faire un méga costume de robot géant, piloté (on ne sait comment) par les cinq guerriers qui se contentent de regarder et de faire semblant d’appuyer sur tout les boutons. Bien évidemment, les super-guerriers remportent la victoire et retournent chercher une vie à vivre.

Il est évident que le principe est ridicule et c’est d’ailleurs sa principale qualité, la principale cible de cette série aura toujours été le jeune public un peu comme le Batman de 1966 avec Adam West. Le succès de la série aura d’ailleurs donné naissance à deux films sortis en 1995 et 1997. Avant de se plonger en détail sur le reboot qui est sorti ce mercredi en salles, intéressons-nous aux deux films afin de mieux comprendre comment cette pseudo-saga a tourné autour du principe du « ridicule » et grotesque, principe qui est devenu la véritable colonne vertébrale de la série.


 

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Power Rangers le Film réalisé par Bryan Spicer

Les Power Rangers sont confrontés au plus grand monstre que l’univers ait jamais connu : Ivan Ooze. Ce dernier réussit à leur supprimer leur pouvoirs, à détruire le poste de commande et à briser le tube temporel qui maintient Zordon en vie (incohérence à ce propos: dans la série, il est précisé que Zordon est prisonnier d’une autre dimension et que le tube lui sert juste d’interface de contact avec notre monde). Les Rangers vont alors devoir trouver comment sauver Zordon et restaurer leurs pouvoirs.

Sorti juste après la troisième saison de la série, ce film ressemble d’avantage à un épisode important qu’à un véritable stand alone movie, les personnages et le contexte ayant déjà été établis à la télé. Le film prend néanmoins le risque de se prendre pour un véritable blockbuster d’époque : Il va se prendre au sérieux à travers la destruction de Zordon, ou encore permettre aux enfants de s’identifier, via le personnage de Fred, qui deviendra à sa manière, un véritable petit héros. Le film va également montrer que les Rangers sont également bons en dehors de leurs costumes, en témoigne la première scène ainsi que la quête de nouveaux pouvoirs qui va rappeler que la détermination et l’esprit d’équipe sont l’essence même du pouvoir. Oui, ces valeurs sont clichés, mais il ne faut pas oublier que cela reste un film Power Rangers, les méchants grotesques sont là, en la personne de Ivan Ooze, devenu une véritable source de détournement sur internet. Il y a un Zord Crapeau ! Et gardons secret le coup final que va faire le Méga-Zord pour vaincre Ooze, ce serait méchant de le spoiler, on dira juste que cet ultime coup à été activé par un bouton rouge.

Si les effets spéciaux paraissent horribles aujourd’hui, ils ont dû paraître également très laids en 95. Le film étant sorti 5 ans après Jurrassic Park, aura seulement coûté 15 millions de dollars. Néanmoins, ayant rapporté 66 millions de dollars, les producteurs se sont sentis confiants et ont, très rapidement, voulu en faire un deuxième film, tout en voulant faire des économies puisque son budget  sera presque divisé en deux.


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« Turbo Power Rangers le Film » réalisé par Shuki Levy et David Winning

Lérigot le magicien, est traqué par Divatox, une sorcière qui souhaite se servir de ses pouvoirs pour réveiller le puissant monstre Maligor et l’épouser. Lérigot va trouver refuge sur Terre ou il sera accueilli par les Power Rangers, qui viennent juste de perdre un de leurs membres, bléssé dans un combat alors qu’il cherchait à récolter les fonds pour un orphelinat où vit Justin, qui vient juste de perdre sa maman. Pour récupérer Lérigot, Divatox va capturer Kimberly et Jason, deux anciens Rangers afin de faire chanter l’équipe de Zordon.

Faisant indirectement suite au premier film, ainsi qu’à la série, Turbo Power Rangers échoue encore plus dans sa tentative de ressembler à un blockbuster traditionnel tel que Star Wars dont il va recréer, pour ne pas dire parodier, son générique. Il échoue car la qualité des effets spéciaux, et le nombre incalculable d’actions illogiques font plus ressembler ce deuxième film à un nanar. Lérigot veut paraître touchant mais la qualité du costume ainsi que ses gémissements le font plus ressembler à un mélange entre Yoda et Guizmo en manque de sa dose.

Mais le gros problème du film reste son point de vue, puisque que c’est le point de vue de Justin, la jeune recrue de 12 ans amené à devenir le nouveau ranger bleu. On se demande vraiment ce qui a pris à Zordon ! C’est bien évidemment le besoin d’ajouter un point d’accroche au jeune spectateur mais en lui arrivant quelque chose d’extraordinaire, il sera plus difficile de s’identifier à lui, contrairement au personnage de Fred du précédant film. Le film possède évidemment des éléments de drôlerie grotesque, comme le rembourrage du costume de Justin, le bateau pirate, les voitures dopées à la testostérone ou encore la grosse langue de Divatox, personnage charismatique et hilarant, sans oublier le méchant de seconde main qui ressemble énormément a un personnage du dessin animé Oui-Oui. Le film n’aura rapporté que 9 millions de dollars, ce qui est un véritable échec.

Les films Power Rangers sont ultra clichés et ridicules. Néanmoins, c’est tellement poussé à l’extrême que, à la manière du film Batman de 1966, ce sont devenu des films divertissants à regarder entre amis, reste juste à espérer que le film de 2017 saura garder cette dynamique, à une époque auquelle ce n’est clairement pas une mode et où les autres films du genre (Transformers, G.I Joe) se font clairement fait incendier par la presse.

Léo Tyran.

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