[Cannes 2017] – Les Fantômes d’Ismaël, Desplechin en pleine hantise.

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En pleine production de son nouveau long-métrage, un réalisateur quadragénaire se retrouve confronté à plusieurs de ses hantises quitte à en perdre toute rationalité. Arnaud Desplechin ouvre le Festival de Cannes avec une introspection complexe, réfléchissant sur sa vie personnelle jumelée à sa vie d’auteur. Un film dont il est difficile d’accéder mais dont on en ressort bouleversé en ouvrant son coeur.

Démarrant comme un Desplechin typique, où le nom de Dédalus (Yvan, frère de Paul, joué par Louis Garrel) revient sans cesse comme à chacun de ses films dans une nouvelle histoire mêlant énigme et bureaucratie. Comme dans « Trois Souvenirs de Ma Jeunesse« , on est en plein mystère gouvernemental avec des interrogations suspectes sur la personne Dédalus. Soudainement, coupe sur Mathieu Amalric écrivant les dernières dialogues cités précédemment avec un rap résonnant dans la salle. S’en suit alors une romance hantée avec l’apparition de Marion Cotillard, apparaissant tel un fantôme hantant les névroses d’un réalisateur en proie à plusieurs cauchemars.

Un nouveau long-métrage s’imbrique dans un autre pour un exercice d’introspection décousu mais envoûtant où l’on se perd dans la psyché d’Ismaël (ou Desplechin ?), brillamment joué par un Mathieu Amalric au jeu exacerbé, en proie à ses hantises de la viellesse et de la peur de ne plus assurer la création filmique. Marion Cotillard apparaît peu souvent dans le film mais chacune de ses apparitions spectrales hantent le réalisateur d’un rappel douloureux du temps qui passe avec sa difficulté à avancer avec l’avenir, sous les traits de la rayonnante Charlotte Gainsbourg.

« Les Fantômes d’Ismaël » ouvre ce Festival de Cannes avec passion et complexité, plongée psychanalytique folle dans la peau d’un réalisateur troublé qui provoquera l’adoration ou la colère de son public. Une Ouverture parfaitement choisie puisque incarnant l’essence du cinéma, un art qui divise et rassemble en nous faisant découvrir ce que l’oeil-nu ne peut voir.

Victor Van De Kadsye

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