[Cannes 2017] – « L’Amant Double » : François ose le thriller DePalma-esque.

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On ne l’arrête plus, François Ozon revient, à peine dix mois après que nous nous soyons remis de « Frantz », pour un thriller radicalement opposé avec plus de kitsch, plus de frayeurs, plus de citations aux grands auteurs mais moins d’intérêt aussi ?

Ils se rencontrent au sein d’une thérapie, l’un est le psychothérapeute et l’autre est la patiente, ils s’aiment, ils emménagent ensemble mais une simple interrogation va semer le trouble à ce couple. De cette ligne de posture vielle comme le monde, Ozon va en signer un véritable « psycho-sexual thriller » comme il aime si bien le dire. « L’amant double » est une plongée intime dans le psychisme d’une jeune femme (sobrement joué par Marine Vacht) en proie à ses doutes et à ses pulsions, troublée par le jeu tordu imposé par son conjoint. Le réalisateur prend un malin-plaisir à multiplier les effets de styles digne des thrillers sexuels de Brian De Palma afin de rendre à son film un côté psychanalyto-érotique outrancier, redoublant le côté souvent kitsch trouvé à son cinéma. On y retrouve plusieurs splits-screens, des balades en va-et-vient dans des musées rappelant « Pulsions » et un goût très prononcé pour le sanguinolent avec des scènes-chocs et une musique exagérée. L’exercice-de-style de François est réussi mais est-ce que le film d’Ozon y trouve sa force, pas tout à fait…

On prend un véritable plaisir devant cette débauche d’effets kitschs et astucieuses tels qu’un simple split-screen pour signaler une intimité de plus en plus rapprochée entre deux personnages, on en prend beaucoup moins lorsque l’on constate la vanité de ce que le film raconte réellement. Sans en dévoiler d’avantage, un sacré coup de « tout ça pour ça ? » apparaît lorsque le pourquoi du comment nous est révélé à la toute fin. Ozon se perd dans une esbrouffe compilant plusieurs scènes chocs à mi-chemin entre le cauchemar et une réalité très charnelle. Des scènes réussis au demeurant mis qui ne laissent pas vraiment place au mystère et au questionnant tant le réalisateur y va avec de grands sabots.

Au final, « L’Amant Double » serait comme le personnage de Jérémie Renier : Intriguant et magnétique au départ pour au final décevoir par un rebondissement incongru. Reste à saluer l’audace formelle d’Ozon, conservant tout de même sa trace au sein du paysage cinématographique français.

Victor Van De Kadsye

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