« Psiconautas » : Les maux fantastiques d’Alberto Vazquez.

Récompensé par le Goya du Film d’Animation en Espagne cette année, Psiconautas fait office de bombe dans le paysage cinématographique animé. Avec cette dystopie où la noirceur du monde réel et violent côtoie l’innocence des animaux anthropomorphés en animation, le spectateur n’en ressort pas indemne de cet OFNI animé.

L’auteur de cette critique va être direct : Psiconautas est probablement le meilleur film d’animation de la décennie avec Vice-Versa des studios Pixar. Ce bijou fait office de petit miracle au sein d’une industrie animée coincée entre éternelles suites sans intérêt si ce n’est que l’odeur de l’argent et des productions humoristiques empilant des références vaines à la pop-culture actuelle.

D’une noirceur sèche et difficile à supporter, les aventures de ces adolescents vagabonds dans un milieu hostile sublimement le spectateur d’émotions fortes peu souvent ressentis devant un dessin animée. Le Tombeau des Lucioles est un concurrent sacré de la charge émotionnel mais on pourrait aussi lui reprocher cette surcharge de pathos là où Psiconautas s’éternise jamais. A quoi ça sert de souligner des instants dramatiques quand un simple attachement à des personnages bien écrits et intéressants peut nous faire vibrer à de simples détails présents tout le long du film ?

Vazquez vise dans le mille pour évoquer les troubles de l’adolescence dans un cadre fantastique bienvenu et bienveillant. Ne serait-ce que pour évoquer les troubles mentaux (où l’on peut penser à de la schizophrénie ou aux phobies d’impulsions, entre autres), le film prouve que le fatalisme face à cela n’a pas lieu d’être et que la représentation n’a pas systématiquement besoin d’être caricatural et cliché (comme l’a fait un certain Shyamalan, il y a quelques mois). Une fable psychologique mais aussi politique avec un contexte rappelant la crise migratoire entre la police flairant la moindre piste et de la quête d’un autre monde pour nos héros.

Psiconautas est un voyage inoubliable dans le monde de l’animation indépendante. On en sort le coeur lourd avec une petite note d’espoir, ébloui par la noirceur magnifiée et poétique de Vazquez.

Victor Van De Kadsye

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