« Le Jour d’Après » : Un film-catastrophe sentimental.

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Non, cet article ne sera pas consacré au film de Roland Emerich du même nom. Mais si ! Celui où Denis Quaid et Jake Gyllenhall qui affrontent l’ère glacière… Il s’attardera plutôt au projet plus intimiste du réalisateur Hong Sangsoo, projeté à Cannes en Compétition Officielle, où le spectateur sera à rude épreuve dans ce tourbillon d’émotions.

La semaine dernière sortait en salles « L’Amant d’un Jour« , le dernier film du cinéaste Phillipe Garrel. Dans les rues parisiennes fantasmés en noir-et-blanc déambulaient ces trois personnages en proie à leurs malheurs amoureux. Le tout enveloppé d’un machisme assez exaspérant et une artificialité telle qu’elle en était déconcertante. Sept jours plus tard, c’était donc avec appréhension que le visionnage d’un nouveau film en noir-et-blanc sur des relations calamiteuses allait s’effectuer. Et si le film pâtit d’une forme si épurée qu’on finit par y perdre notre concentration, impossible de ne pas s’intéresser d’avantage à cette maladresse amoureuse teintée d’ironie.

Une table, deux personnes, de l’alcool et des discussions improvisés. Nul doute, on est bien devant un film d’Hong Sangsoo. Un personnage impliqué dans le milieu de l’art (Ici, un éditeur mais ça aurait pu être un réalisateur comme dans « The day he arrives« ) s’embarque dans une éternelle quête relationnelle ou amoureuse auquel gravite autour différents protagonistes. Si une réalité « Hang Sangsoonienne » existait, on pourrait la concevoir ainsi. Tel ce personnage principal irresponsable et impulsif qui ne se remettra jamais en question (à voir ce moment de discussion où il n’acceptera pas d’être considéré comme lâche par l’une de ses partenaires), on se plaît à rester baigner dans cette réalité sans la remettre en question. Cette réalité si conforme à notre idéal d’un film de Sangsoo. Voyant le spectateur fermé dans cette croyance, Sangsoo prouve que la vie cache encore ses surprises dans ce dogme pourtant si fermé en apparence.

Avec un certain malice, Hong Sangsoo se prête à une certaine ironie en désamorçant la réalité telle qu’on la connaît. Par l’utilisation inattendue de zooms, d’une musique originale surlignant intensément les émotions tel un leimotiv tragique, une sorte d’artificialité traverse le film tout le long se confrontant ainsi à la réalité si bornée de notre héros pathétique (joué par Hae-yho Kwon). La caméra de Sangsoo transcende prodigieusement le monde vue par notre héros une caméra qui se concentrera plus sur le visage de ses partenaires que sur lui-même. Le spectateur sera suffisamment intentionné pour concevoir tout le grotesque de cette mise-en-scène (à ne pas lire péjorativement)  jumelé avec l’absurdité tragi-comique des situations présentées.

Des situations laissant le spectateur ému, peut-être hilare, voire énervé ou tout simplement sans voix ou ennuyé. « Le Jour d’Après » est un déluge inépuisable d’émotions fortes qui fera rapidement son effet auprès de tout public.

Victor Van De Kadsye

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