[Critique] – « K.O. » – Fabrice Gobert.

K.O. : Photo Laurent Lafitte, Pio Marmai

Cela fait déjà 2 ans que la série mystique et sous-estimée Les Revenants s’est achevée. Son créateur, Fabrice Gobert revient sur grand écran avec son nouveau film: K.O, thriller angoissant dont Laurent Lafitte campe le rôle d’un personnage détestable et pris au piège dans un monde où la folie est reine. Rêve ou réalité ? À voir ou à éviter ?

K.O. raconte l’histoire d’Antoine Leconte (Laurent Lafitte), un homme à la personnalité arrogante et avide de pouvoir qui travaille pour une grosse entreprise de médiatisation. Jusqu’à ce qu’un drame survienne et que ce dernier se retrouve plongé dans le coma. On passe alors du tout au rien et c’est le début d’une longue réflexion que met en place ce film. En effet, le réalisateur nous plonge lui aussi dans ce coma aux allures mystiques et fantastiques. Parfois fou et incompréhensible, on se retrouve dans la même situation que notre personnage principal: Celui du questionnement. Le tout dans une ambiance qui peut très vite passer du noir au blanc. Car oui, le film cherche ses extrêmes et il le fait plutôt bien : Le réalisateur peut nous montrer une scène de bagarre violente entre employés (qui rappellera un certain Fight Club, comme il peut mettre en scène une présentation météo hilarante. On peut donc passer du sourire à l’angoisse et ce tout en restant léger et malsain (le film a d’ailleurs des allures de Elle de Paul Verhoeven). Et c’est justement avec cette dualité que Gobertnous dépeint la quête d’un personnage aux facettes extrêmes, sans cesse en question sur ce qui ne tourne pas rond (choix de vie, de femme, de boulot, etc…). C’est la peinture d’un homme en plein burn-out et c’est ce qui fait la puissance du film.

Outre l’aspect philosophique du film, la mise en scène est aussi très intéressante. On retrouve sans cesse un jeu omniprésent entre l’ombre et la lumière (toujours en rapport avec la dualité précisée précédemment), que ce soit dans la photographie ou la mise en scène. La musique et l’ambiance sonore bénéficient elles aussi de ce jeu, on passe d’un You know how to ball de Marvin Gaye à des vibrations ou des bruits stridents qui rappellent l’ambiance malsaine que pouvait dégager Les Revenants.

La seule chose qui peut déplaire reste le jeu peu naturel de certains acteurs, entre autre celui de Laurent Laffite. On peut reprocher que son jeu ne fait pas naturel, ce qui peut faire tache au début du film, avant que ce dernier ne se retrouve projeté dans le coma. Certes on voit à l’écran qu’il joue une personne détestable mais on ne le ressent pas. Par contre, une fois tombé dans la folie, le personnage est à la hauteur de ce qu’il veut représenter: un personnage amusant et tourmenté par ses choix.

K.O. fait donc parti de ces ovnis du cinéma français qui aura la plaisance d’angoisser, de faire rire et de questionner le spectateur sur ce qu’il est et ce que nous sommes. Tout comme pour Elle, le film départagera, mais si vous aimez les ambiances glauques et originales, le film devrait vous plaire. A voir !

Charles Rouze

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