[Critique] – « Okja » de Bong Joon-ho

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Retour sur le scandale de Cannes 2017 : Une fable écologique racontant l’histoire d’une jeune fille voulant sauver un cochon mutant d’une multinationale avide d’argent. Oui, oui, ce nouveau film de Bong Joon-ho a suscité de nombreux débats.

Okja s’inscrit définitivement comme le film-polémique de l’année 2017. Non pas qu’il soit choquant graphiquement, malgré un climax final d’une profonde noirceur, ou qu’il véhicule une morale particulièrement douteuse mais le nouveau film de Bong Joon-ho est vu par tous comme une arme pouvant tout changer dans la mode de diffusion des films, au travers de la firme Netflix. Les débats se sont rapidement enflammés quant à la manière de voir un film suite à sa projection au Festival de Cannes mais qu’en est-il du film en question ? Et bien qu’il soit dommage que la Chronologie des Médias ne se soit pas bougée pour permettre à cette fable vegan-friendly de ne pas avoir pu faire son chemin dans les salles obscures, Okja est un blockbuster comme on en fait plus : Une histoire simple mais traitée avec intelligence et nuance au sein d’une mise-en-scène posée mais suffisamment dynamique pour nous captiver chaque second.

Contrairement à l’autre événement du cinéma estampillé pop-culture en ce moment moment, à savoir le Baby Driver d’Edgar Wright vu en avant-première, Okja surprend dans sa façon en tenir en équilibre entre un ton relativement sobre et efficace dans sa trame narrative et une imagerie détonante, flamboyante et pourtant si calme Nous nous retrouvons donc à une oeuvre à des kilomètres du chaos progressif de Snowpiercer sans que cela joue en sa défaveur pour autant.

S’adressant à un public plus familial que ses précédents longs-métrages, Bong Joon-ho signe une aventure captivante pour tout spectateur qui pourra y voir une histoire simple en premier lieu (Une héroïne part n’importe où pour retrouver son ami de toujours disparu), une satire féroce sur les dérives du capitalisme agro-alimentaire en guerre avec une Organisation Non Gouvernementale aux méthodes marginales (formidables personnages de PDG joués par Tilda Swinton, chacune représentant les extrémités du capitalisme), le tout avec une pointe de nuance où il n’y a pas réellement de protagonistes et d’antagonistes. Et le spectateur pourra y voir aussi un film de course-poursuite comme il en aura jamais vu, avec une séquence d’enlèvement remarquable dans les rues de Séoul séparés en 3 points de vues radicalement opposés.

Sa simplicité peut en faire une force ou une faiblesse selon la pensée de celui qui le verra mais impossible de rester indifférent devant certaines images fortes que proposent le réalisateur, toujours marqué par une trace sombre, qui ne manquera pas de convertir certain au végétarisme ou de vouer une haine pour Jake Gyllenhaal au jeu délirant mélangeant la voix de Peter Sellers en Doctor Strangelove et l’imbécillité hyperactive de Cyril Hanouna pour un personnage de nature pathétique. Impossible aussi de résister à l’adorable Okja, assez naturel tout le long, rappelant des figures mythiques du cinéma familial tel que Babe ou Totoro.

Une oeuvre familialesatiriqueflamboyante Okja fait figure de blockbuster d’auteur hybride qui aura su se faire remarquer auprès du public par son mode de diffusion et ce qu’il contient. Un film réjouissant ayant réussi à faire réfléchir et à émerveiller, ce qui est dorénavant rare dans les productions à grand spectacles actuelles…

Victor Van De Kadsye

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